Le climat politique s’échauffe en République démocratique du Congo à l’approche des prochaines manifestations de l’opposition. Ce mercredi à Kinshasa, le ministre des Droits humains Samuel Mbemba a fait la restitution d’une réunion stratégique élargie aux forces vives de la nation, alertant sur de potentielles dérives lors de la manifestation prévue le 8 juillet prochain.
Le ministre a en effet réuni les représentants des partis politiques de la majorité et de l’opposition, les délégués des principales ONG de défense des droits de l’homme notamment ACAJ, ASADHO et Nouvelle société civile, ainsi que les représentants de confessions religieuses du pays.
La visée première de cette rencontre était de poser les bases d’un dialogue préventif pour garantir la sécurité de tous. « L’objectif était de rappeler que chaque vie de Congolais compte pour le gouvernement et que, dans notre devoir de promouvoir et de protéger les droits humains, nous travaillons à ce que, s’il y a des manifestations, il n’y ait pas d’atteintes aux droits humains, à l’intégrité physique des personnes, et que les biens des citoyens soient également protégés. »
Derrière ce message de protection se cache pourtant une vive inquiétude. Le ministre des Droits humains a profité de cette tribune pour révéler des informations préoccupantes issues de rapports sécuritaires concernant la journée du 8 juillet. Il révèle que des violences graves seraient délibérément planifiées par les organisateurs eux-mêmes afin de discréditer les forces de l’ordre.
« Nous n’avons pas manqué de signaler ce que nous apprenons de plusieurs sources concordantes », a martelé Samuel Mbemba devant la presse. « Nous apprenons que, dans le cadre des manifestations à venir, dont celle prévue le 8 juillet, il y aura des atteintes à la vie des participants et que cela sera fait pour en imputer la responsabilité aux agents publics. En clair, ce sont les organisateurs de la manifestation eux-mêmes qui s’apprêtent à commettre ce forfait pour ensuite le mettre sous la responsabilité des agents publics. »
En dévoilant publiquement ces éléments, le ministère des Droits humains tente de désamorcer une situation potentiellement explosive et de placer chacun devant ses responsabilités. Les forces de sécurité devront faire preuve d’un encadrement irréprochable, les leaders politiques et de la société civile également sont appelés à veiller au caractère pacifique de leurs mouvements.
La rédaction
