RDC : le gouvernement adopte un projet de Loi des finances rectificative 2026 de 21,9 milliards USD, en baisse de 7,4 %

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a adopté un projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026 évalué à 50 295,1 milliards de francs congolais, soit environ 21,9 milliards de dollars américains. Présenté mercredi 20 mai lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des ministres présidée par Félix Tshisekedi, ce collectif budgétaire marque une diminution de 7,4 % par rapport aux prévisions initiales.

Le texte a été défendu devant le Conseil par Adolphe Muzito, qui a expliqué que cette révision vise à adapter les finances publiques à la nouvelle conjoncture économique nationale et internationale, tout en maintenant les priorités stratégiques du gouvernement.

Selon le compte rendu officiel, la baisse du budget est principalement liée au recul attendu des ressources extérieures. Toutefois, les autorités affirment que cette diminution a été partiellement compensée par une hausse des recettes internes, portée par plusieurs réformes fiscales et mesures de mobilisation des recettes mises en œuvre ces derniers mois.

Le gouvernement indique que les nouvelles marges dégagées permettront notamment de financer les besoins liés à la sécurité, à l’action humanitaire ainsi qu’aux investissements publics. Le projet budgétaire intègre également des financements issus des emprunts extérieurs, notamment les eurobonds, destinés à soutenir plusieurs projets structurants.

Parmi les priorités retenues figurent les infrastructures de base ainsi que le programme présidentiel consacré à la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes. L’exécutif insiste sur le fait que ce budget rectificatif constitue un outil d’ajustement destiné à aligner les dépenses publiques sur les capacités réelles de financement de l’État.

Après la promulgation de la loi de finances initiale 2026, arrêtée à 54 335,8 milliards de francs congolais, soit environ 22 milliards de dollars américains, ce budget représentait alors une progression de 7,2 % par rapport à la loi de finances rectificative de 2025.

Depuis le début de l’année, cependant, la mobilisation des recettes publiques s’est révélée plus difficile que prévu. Plusieurs retards de paiement des agents et fonctionnaires de l’État ont été observés au cours du premier trimestre 2026, mettant en évidence les tensions de trésorerie auxquelles le gouvernement est confronté.

À ces difficultés internes s’ajoutent les incertitudes liées à l’environnement économique mondial. Lors d’une précédente réunion du Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi avait alerté sur les conséquences des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, estimant qu’elles commençaient déjà à affecter les marchés énergétiques et financiers internationaux, avec des risques potentiels pour l’économie congolaise.

La préparation de ce collectif budgétaire s’inscrit également dans le cadre des orientations fixées par Judith Suminwa, qui avait demandé au gouvernement de déposer le projet de loi de finances rectificative devant l’Assemblée nationale avant la fin du mois de mai 2026.

Le texte devra désormais être examiné par le Parlement avant son éventuelle promulgation par le Chef de l’État.

La rédaction

Parus récemment

RDC : Félix Tshisekedi suspend les nouvelles revalorisations des primes des fonctionnaires, en attendant les conclusions de l’audit sur la paie

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a décidé de suspendre toute nouvelle revalorisation...

Ebola en RDC : la Monusco prête à appuyer la riposte pour éviter la propagation de l’épidémie

La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du...

Dans la même rubrique