Le procès du lieutenant général Philémon Yav devant la Haute Cour militaire a connu un nouveau rebondissement lundi 12 mai, avec la poursuite des plaidoiries de la défense en réponse au réquisitoire du ministère public. Au cours d’une audience particulièrement suivie, les avocats du haut gradé des Forces armées de la République démocratique du Congo ont tour à tour contesté les charges retenues contre leur client, estimant que le dossier présenté par l’accusation manque d’éléments concrets permettant d’établir sa culpabilité.
Pendant plusieurs heures, quatre membres du collectif des avocats du lieutenant général Philémon Yav ont développé une série d’arguments visant à fragiliser la thèse du ministère public.
Selon eux, les accusations formulées par l’auditeur général reposeraient essentiellement sur des déclarations insuffisamment étayées, sans véritables preuves matérielles capables de démontrer l’implication directe du prévenu dans les faits qui lui sont reprochés.
Les conseils de la défense ont notamment affirmé qu’aucun document déterminant, aucun témoignage décisif ni expertise technique convaincante n’auraient été produits devant la juridiction militaire pour soutenir les poursuites engagées contre leur client.
Dans leurs interventions, les avocats ont également rappelé à la Cour l’importance du respect des principes fondamentaux du droit pénal, notamment celui selon lequel le doute doit bénéficier à l’accusé.
Estimant que les charges de trahison et d’incitation des militaires à poser des actes contraires à la discipline ne seraient pas suffisamment démontrées, ils ont sollicité l’acquittement pur et simple du lieutenant général Philémon Yav.
La défense a en outre insisté sur la nécessité pour les juges militaires d’examiner les faits avec impartialité et objectivité avant de tirer leurs conclusions.
Face à la densité des débats et aux nombreux arguments développés par les différentes parties, le premier président de la Haute Cour militaire a décidé d’accorder un délai supplémentaire au ministère public.
Selon le magistrat, ce report permettra à l’auditeur général de préparer de manière approfondie sa réplique finale en tenant compte des observations soulevées par les avocats de la défense.
À l’issue de l’audience, la Cour a renvoyé l’affaire au 19 mai prochain. Cette prochaine étape de la procédure sera consacrée à la réplique du ministère public ainsi qu’aux dernières plaidoiries de la défense avant les conclusions attendues de la juridiction militaire.
Le lieutenant général Philémon Yav reste poursuivi pour des faits de trahison et d’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir militaire et à la discipline.
Franck Mubeneshay
