Plusieurs explosions ont été entendues dans la soirée du dimanche 24 mai à l’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo, selon plusieurs témoignages recueillis sur place. Aucun bilan officiel n’était encore disponible lundi matin.
D’après des habitants vivant à proximité du site aéroportuaire, la première détonation a été entendue vers 17h30. D’autres explosions ont suivi dans les heures qui ont précédé la nuit. Jusqu’à présent, aucune autorité n’a confirmé la nature exacte de l’attaque.
Des sources locales indiquent que les bruits habituellement associés aux drones kamikazes n’ont pas été entendus cette fois-ci. « Nous avons seulement entendu les explosions », rapporte un habitant de Bangboka joint par téléphone.
Après les premières déflagrations, plusieurs civils présents dans l’enceinte de l’aéroport ont quitté les lieux dans un mouvement de panique. Des militaires ont ensuite été déployés autour des installations et l’accès au site a été limité.
Selon des témoins, seuls les éléments des forces de sécurité étaient visibles dans la zone depuis la fin d’après-midi. Un appareil de la compagnie CAA attendu dans la soirée n’a finalement pas atterri à Kisangani.
Durant la nuit, des habitants des quartiers voisins affirment avoir entendu des tirs ainsi qu’un important mouvement des militaires autour de l’aéroport. La situation a provoqué une forte inquiétude dans plusieurs secteurs proches de Bangboka.
L’armée congolaise et les autorités provinciales de la Tshopo ne se sont pas encore exprimées officiellement sur ces explosions ni sur d’éventuels dégâts matériels ou pertes humaines.
Cette nouvelle attaque survient quelques mois après d’autres bombardements attribués à l’AFC/M23 contre les installations aéroportuaires de Kisangani.
L’aéroport international de Bangboka abrite notamment des équipements utilisés par la Force aérienne congolaise. Ces derniers mois, les tensions militaires se sont accentuées entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
De son côté, l’AFC/M23 accuse régulièrement l’armée congolaise de mener des frappes de drones sur des zones sous son contrôle, évoquant des victimes civiles et des dégâts matériels.
Franck Mubeneshay
