À l’occasion de la commémoration du début de la deuxième guerre du Congo, le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, a livré un message empreint de gravité sur la situation actuelle en République démocratique du Congo.
Rendant hommage aux victimes de trois décennies de violences, il a rappelé que l’actuel conflit dans les Kivus « s’inscrit dans la ligne droite d’une planification orchestrée depuis 1998 », dénonçant l’accaparement des ressources minières par le M23 sous contrôle de l’armée rwandaise, tel que documenté par le dernier rapport des experts de l’ONU.
Le gynécologue congolais plaide pour un Tribunal pénal international pour la RDC, l’application de sanctions contre les agresseurs et la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Il alerte par ailleurs sur « le plan de balkanisation » du pays, évoquant l’occupation des zones minières, l’installation d’administrations parallèles et la promotion d’un fédéralisme qui pourrait précipiter l’éclatement du territoire national.
« Si notre population ne se réveille pas aujourd’hui, nous risquons d’être la dernière génération à avoir grandi dans les frontières actuelles de la RDC », prévient-il.
En cette journée du Génocost, Mukwege réaffirme que la justice pour les victimes congolaises est « non négociable » et que « personne ne viendra sauver le Congo à notre place ».
Il appelle les Congolais à la vigilance, à la prise de conscience et à la détermination pour « tourner une fois pour toutes cette page sombre » de l’histoire.
Franck Mubeneshay
