Diplomatie énergétique : l’intense déploiement de la Ministre d’Etat Acacia Bandubola pour repositionner la RDC

De Brazzaville à Alger, en passant par Washington, Dodoma et Kampala, l’infatigable ministre d’État, ministre des Hydrocarbures de la République démocratique du Congo Acacia Bandubola Mbongo a multiplié les offensives diplomatiques entre fin 2025 et mi-2026. L’objectif est de transformer le potentiel énergétique congolais en un véritable levier de croissance économique et d’intégration régionale.

Le recentrage stratégique de la RDC s’est matérialisé du 31 octobre au 4 novembre 2025 à Brazzaville, en République du Congo, lors de la 48e session du Conseil des ministres de l’Organisation des pays producteurs de pétrole africains (APPO).

Au cours de ces travaux, la Ministre d’État aux Hydrocarbures de la RDC a été désignée Vice-Présidente de cette organisation continentale. Une nomination qui est le fruit du soutien indéfectible du Président Félix Tshisekedi et des orientations de la Première Ministre Judith Suminwa.

Dans son allocution a ces réunions de l’APPO, la Ministre a fermement dénoncé l’agression rwandaise et a lancé un appel vibrant à la solidarité africaine contre le régime de Kigali. Soulignant que la paix demeure la condition préalable indispensable au succès de toute initiative de développement et de coopération.

Réunies au Centre international des conférences de Kintélé, les délégations y ont notamment adopté des résolutions cruciales sur le développement des politiques de « contenu local » dans l’industrie pétrolière et gazière africaine, avant d’acter la désignation d’un nouveau top management opérationnel dès le 5 janvier 2026.

Forte de sa nouvelle stature régionale, la ministre d’État s’est rendue aux États-Unis pour participer au 11e Sommet Powering Africa, tenu les 19 et 20 mars 2026 à Washington. Devant un parterre d’investisseurs institutionnels, de financiers et de géants technologiques, Acacia Bandubola a réaffirmé le rôle de la RDC comme « Pays-Solution » face aux enjeux climatiques mondiaux.

La ministre y a exposé une feuille de route pragmatique combinant transition et valorisation locale. Du bassin côtier de Muanda (avec l’annonce d’un objectif « zéro torchage » pour convertir le gaz en électricité) au lac Kivu (avec l’exploitation sécuritaire et écologique de ses 66 milliards de mètres cubes de gaz méthane pour alimenter l’Est du pays), jusqu’à la réforme législative portant sur l’introduction prochaine d’un texte autonome sur le gaz de pétrole liquéfié (GPL), Acacia Bandubola a mis en avant l’importance stratégique de la RDC. Elle a également lancé un appel aux entreprises américaines pour qu’elles investissent dans la transformation locale du cobalt et du cuivre, clés de la mobilité électrique mondiale.

Le mois de mai 2026 a été marqué par une intensification de la coopération transfrontalière en Afrique de l’Est. Le 7 mai 2026 à Dodoma, en Tanzanie, Acacia Bandubola et le ministre tanzanien de l’Énergie, Deogratius Ndejembi, ont jeté les bases d’une gestion harmonisée du potentiel pétrolier du lac Tanganyika. Outre ce volet amont, la réunion a ciblé la lutte contre la fraude sur les produits pétroliers en transit, un fléau qui coûte chaque année 800 millions de dollars au Trésor public congolais.

Le 8 mai 2026 à Dar es Salaam, toujours en Tanzanie, accompagnée de l’ambassadeur Jean-Pierre Massala, la ministre d’État a mené une inspection technique des infrastructures de la Tanzania Ports Authority (TPA) et du terminal pétrolier de Kurasini Oil Jet. Cette immersion logistique visait à s’inspirer du modèle tanzanien pour sécuriser l’approvisionnement du marché congolais.

Quarante-huit heures plus tard, Acacia Bandubola rejoignait la délégation congolaise à la 9e session de la Commission permanente mixte (CPM) RDC-Ouganda. En marge de l’arrivée du président Tshisekedi, la ministre a œuvré à l’intégration des projets de pipelines et d’infrastructures énergétiques communes, aboutissant à la signature de six protocoles d’accord bilatéraux.

Le déploiement s’est conclu par un voyage officiel de haute portée en Algérie, visant à concrétiser les rapprochements amorcés à Brazzaville.Le samedi 30 mai 2026, Acacia Bandubola et son homologue algérien, Mohamed Arkab, ont signé un protocole d’accord historique établissant un cadre de coopération globale : partage d’expérience, gestion des données pétrolières, gouvernance et formation.

Dans la foulée, la délégation congolaise, comprenant le secrétaire général aux Hydrocarbures et le directeur général de la Sonahydroc, a été reçue au siège de la Sonatrach par son PDG, Noureddine Daoudi. L’enjeu était de s’inspirer du modèle de ce mastodonte, première compagnie pétrolière d’Afrique, pour restructurer et redynamiser la société nationale congolaise.

Le dimanche 31 mai 2026, la ministre d’État Bandubola a achevé son séjour par un marathon technique sur le terrain. De la visite de la Division Laboratoire de la Sonatrach en passant par l’Institut algérien du pétrole (IAP) pour sceller les futurs programmes de formation du personnel congolais, jusqu’à l’inspection de la raffinerie d’Alger qui dispose d’une capacité de production de 2,7 millions de barils par jour pour analyser les processus de raffinage et de gestion du GPL, cette tournée exhaustive donne désormais des outils concrets à la RDC pour moderniser l’ensemble de sa chaîne de valeur énergétique.

La rédaction

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