L’enclavement de certains territoires asphyxie les économies locales. Pour y remédier, l’exécutif annonce le déploiement immédiat d’un programme national de continuité territoriale. Cette décision fait suite à une tournée du vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale Daniel Mukoko Samba dans le Congo profond, achevée le mardi 23 juin dans la province de la Tshuapa, au Nord-Ouest du pays.
Au terme d’un périple visant à mesurer l’activité économique à l’intérieur de la RDC, le constat dressé par Daniel Mukoko est préoccupant. Dans la province de la Tshuapa, comme dans de nombreuses autres régions isolées, l’activité économique tourne au ralenti. Cette léthargie a des conséquences directes et dramatiques sur le quotidien des populations locales.
Insécurité alimentaire grandissante, effondrement des revenus des ménages, difficultés drastiques d’accès aux services sociaux de base tels que la santé, l’éducation ou l’eau potable… la faute à un déficit criant d’infrastructures publiques performantes. Au regard du vide laissé par l’État, un système logistique informel, précaire et coûteux s’est substitué aux réseaux officiels, pénalisant lourdement les échanges commerciaux.
Pour le gouvernement, la priorité absolue est désormais celle de briser les barrières de l’isolement. L’accent est mis sur la réhabilitation et la sécurisation des grands corridors stratégiques du pays, notamment l’axe Nord-Ouest, Kinshasa – Mbandaka – Boende – Monkoto – Bokungu – Ikela. Et l’axe Centre-Sud, Kinshasa – Kwamouth – Mushie – Ilebo – Bena-Dibele – Lusambo. Sur ces voies vitales ainsi que sur de nombreux axes secondaires, la mise en place progressive d’un véritable système national de continuité territoriale est désormais jugée prioritaire.
Pour répondre à cette crise, Kinshasa ambitionne de déployer rapidement une série de projets ciblés sous la bannière d’un Programme national de continuité territoriale. Ce plan d’urgence aura pour mission, entre autres, de rebâtir les infrastructures de transport routier, fluvial et ferroviaire pour fluidifier le trafic des personnes et des biens.
L’enjeu est vaste, car l’objectif est de redonner vie à des bassins de production autrefois prospères et d’impulser une seule et même dynamique de développement à travers le territoire national.
Tony-Antoine Dibendila
