La Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (SYMOCEL) a exprimé, lundi, une « profonde préoccupation » après l’incendie qui a ravagé, le 21 novembre, les entrepôts centraux de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Kingabwa, dans la commune de Limete.
Dans un communiqué, la plateforme citoyenne demande l’ouverture urgente d’une enquête indépendante pour établir les causes du sinistre et évaluer son impact sur le processus de recensement et les opérations électorales à venir.
Selon la SYMOCEL, plusieurs éléments du communiqué officiel de la CENI soulèvent des interrogations.
Le matériel brûlé concerne notamment des batteries lithium des dispositifs électroniques de vote (DEV) ainsi que des équipements de la Base centrale de recensement (BCR) de l’Institut national de la statistique. Des outils considérés comme « sensibles » et essentiels pour la relance annoncée du recensement national.
La SYMOCEL relève que le communiqué de la CENI ne fournit aucune évaluation financière des pertes, ni aucune précision sur la quantité de matériel épargnée.
L’absence d’informations sur l’impact exact de ces destructions sur les prochaines étapes du recensement et du calendrier électoral inquiète particulièrement les observateurs.
Bien que des premières investigations aient situé l’origine de l’incendie dans la salle de stockage des batteries lithium, la SYMOCEL souligne que les causes réelles du sinistre demeurent non élucidées.
Elle s’inquiète d’autant plus que ce type d’incident n’est pas inédit pour la CENI.
La SYMOCEL rappelle qu’en décembre 2018, à la veille des élections générales, un incendie similaire avait détruit près de 8 000 machines à voter, des milliers d’isoloirs, des kits bureautiques, environ 9 500 batteries externes, ainsi que de nombreuses motos et véhicules destinés à la logistique électorale.
Pour la plateforme, la répétition de tels incidents soulève des questions sur la capacité de la CENI à sécuriser efficacement son matériel sensible.
Face à ces zones d’ombre, la SYMOCEL demande la mise en place d’une enquête indépendante, transparente et rigoureuse, associant notamment les missions d’observation électorale.
Elle estime indispensable d’identifier les causes exactes du sinistre, les responsabilités éventuelles, et de garantir la mise en œuvre de mesures durables de protection du matériel électoral.
La SYMOCEL réaffirme enfin son attachement à des processus électoraux fiables, sécurisés et transparents, conditions essentielles, selon elle, à la consolidation de la démocratie et à la stabilité de la République démocratique du Congo.
Franck Mubeneshay
