Jean-Pierre Lihau salue la «maturité» des fonctionnaires et agents publics face à l’appel à «la ville morte» de l’opposition

C’est un constat de normalité qu’a dressé le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique Jean-Pierre Lihau, à l’issue d’une ronde effectuée ce mercredi 03 juin dans la quasi-totalité des administrations publiques à Kinshasa. Alors que l’opposition espérait paralyser la capitale par un mot d’ordre de « ville morte », la réponse des fonctionnaires et de la population kinoise a été tout autre.

Sur le terrain, le constat du patron de la Fonction publique est sans appel : « Je me suis rendu compte que tous les fonctionnaires sans exception ont affiché un effectif complet. Tout le monde était à son poste : les cadres et les agents ».

Pour le VPM Lihau, cette mobilisation démontre que les agents publics ont pris conscience de leur rôle crucial au sein de la nation. Ils ont compris qu’ils « incarnent l’État » et que celui-ci « ne peut pas s’arrêter ».

Analysant l’échec de cette initiative de l’opposition politique, Jean-Pierre Lihau a rappelé que les méthodes de contestation d’hier ne répondent plus aux réalités d’aujourd’hui. Le contexte politique de la République Démocratique du Congo a radicalement évolué. « Si hier, ces méthodes politiques d’appel à des journées ville morte réussissaient, c’était parce que nous étions dans un contexte qui était différent, totalement différent. Un contexte politique dictatorial. Mais aujourd’hui, nous sommes dans un contexte démocratique et les gens l’ont compris », a-t-il martelé. Et d’envoyer un message aux initiateurs : « Il est temps de faire la politique autrement, à travers les débats d’idées (…) et non pas les vieilles recettes. »

Au-delà des bâtiments administratifs, c’est toute la mégapole de Kinshasa qui a refusé de se laisser paralyser. Les commerces, les restaurants, les industries ainsi que les PME ont ouvert leurs portes normalement. Du côté des services sociaux, les hôpitaux ont fonctionné et, malgré une légère hésitation matinale de certains parents, les écoles et universités ont fait le plein. « Bref, il n’y a pas eu de ville morte. Nos villes sont vivantes, plus que jamais vivantes », a résumé le ministre, saluant le niveau de maturité des congolais.

Jean-Pierre Lihau a invité l’opposition à recentrer le combat politique là où il doit se trouver, dans les urnes et autour des projets de société liés à l’économie, la santé, les routes, l’électricité, l’agriculture et autres, plutôt que d’utiliser la population comme un levier de pression.

« Si l’opposition veut « plaquer au sol le pouvoir », il faut que ça soit par la voie des urnes. Il faut que ça se fasse par voie référendaire. C’est ça la meilleure façon démocratique de faire le combat politique. Pas les combats des biceps. On ne peut pas mettre le peuple entre nous, un peu comme le marteau et l’enclume. On ne peut pas faire payer au peuple nos ambitions », souligne-t-il.

Pour le vice-Premier ministre, cette journée de mercredi doit servir de « leçon » et pousser chaque acteur politique à un examen de conscience, afin de « faire vivre les divergences » de manière constructive et démocratique.

Tony-Antoine Dibendila

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