Après une indignation générale de 48 heures, le Ministère de la Justice se réveille de sa torpeur et ouvre une enquête sur l’ «Affaire Rebo»

Le ministère de la Justice a enfin annoncé, dans un communiqué publié ce lundi 20 avril dans la matinée, l’ouverture d’une enquête judiciaire après la diffusion d’une vidéo virale montrant un homme violemment fouetté par des éléments en tenue des FARDC, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa.

Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 18 au 19 avril, aux environs de 4 heures du matin, dans le quartier Pigeon. Au cœur de cette affaire, l’artiste musicienne Deborah Tshimpaka connue sous le nom de scène Rebo Tshulo. Elle apparaît dans ces images largement relayées sur les réseaux sociaux.

Selon plusieurs témoignages concordants ainsi que la version livrée par l’artiste elle-même dans une interview, la scène se serait déroulée dans sa parcelle où la victime, conducteur de véhicule d’un de ses collaborateurs, est accusée d’avoir dérobé un sac contenant des effets personnels de l’artiste et de l’argent liquide.

Dans sa déclaration, l’artiste rejette toute responsabilité directe dans les violences, affirmant que l’intervention des éléments des FARDC aurait été sollicitée par son manager, présenté comme l’initiateur de l’appel ayant conduit au passage à tabac de la victime. Une version qui reste à vérifier dans le cadre de l’enquête annoncée, mais qui ne pourra nullement épargner la chanteuse, les faits se déroulant dans son domicile et en sa présence, elle, l’autorité du lieu et la propriétaire des effets qui seraient volés. « J’ai bien géré cette affaire au début », a-t-elle d’ailleurs avoué.

Pour sa part, sans préjuger de la culpabilité des personnes impliquées, le ministre de la Justice rappelle que les faits dénoncés, s’ils sont établis, pourraient être qualifiés d’infractions particulièrement graves, notamment « des actes de torture, des coups et blessures volontaires, ainsi que des incitations adressées à des militaires pour commettre des actes contraires à la loi. Ces faits sont prohibés par le Code pénal militaire et relèvent de la compétence des juridictions militaires ».

Le communiqué souligne également que de tels agissements constituent une violation manifeste de la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment en ce qui concerne le respect de la dignité humaine, l’intégrité physique et l’interdiction absolue de la torture, ainsi que des engagements internationaux du pays, dont la Convention contre la torture.

Face à la gravité des faits, le ministre a instruit l’Auditeur général des FARDC d’ouvrir une enquête judiciaire afin d’établir les circonstances exactes, d’identifier les responsabilités et, le cas échéant, d’engager des poursuites devant les juridictions compétentes. Le ministère de la Justice réaffirme enfin l’attachement du gouvernement au respect de l’État de droit, à la lutte contre l’impunité et à la protection de toute personne, sans distinction.

Franck Mubeneshay

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