Procès Yav : fin des débats, la Haute cour militaire fixe les plaidoiries au 5 mai

La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a mis fin à la phase des débats dans le procès opposant le lieutenant-général Philémon Yav Irung à l’auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Estimant le dossier suffisamment instruit, la juridiction a renvoyé l’affaire au 5 mai 2026 pour l’ouverture des plaidoiries.

Cette décision a été annoncée lors de l’audience de ce mardi 21 avril, principalement consacrée à l’examen du rapport du Conseil national de cyberdéfense (CNC), chargé d’analyser trois téléphones saisis appartenant au prévenu.

Au cours de la séance, la Cour a pris connaissance d’une correspondance du CNC sollicitant un délai supplémentaire pour poursuivre ses investigations.

Le service technique y explique que les appareils, dont deux iPhone, restent inaccessibles en raison de systèmes de sécurité avancés et de l’absence des codes d’accès nécessaires à leur déverrouillage.

Le CNC souligne également que toute manipulation inappropriée pourrait altérer ou détruire des données potentiellement essentielles.

Malgré ces explications, le ministère public a déploré le manque de précision quant au temps nécessaire pour finaliser l’expertise. La défense, de son côté, a vivement critiqué cette demande, dénonçant une tentative de prolonger inutilement la procédure.

Les avocats du général Yav ont insisté sur la durée déjà longue de détention de leur client, estimant qu’aucune preuve tangible n’a, à ce stade, été apportée.

Après avoir entendu les différentes parties, la Haute Cour a rejeté la requête du CNC, considérant qu’un nouveau report retarderait indûment le cours de la justice.

Elle a ainsi décidé de clore les débats et de passer à l’étape des plaidoiries.

L’expertise sollicitée visait notamment à retrouver un message que le prévenu aurait reçu du général rwandais James Kabarebe, présenté par l’accusation comme un élément clé dans l’établissement des faits de trahison.

La défense, qui réclame depuis le début la production de cette preuve, affirme qu’aucun élément matériel ne vient étayer les accusations et évoque une machination interne.

Poursuivi pour trahison et incitation des militaires à des actes contraires à la loi, le lieutenant-général Philémon Yav Irung est accusé d’entretenir des liens avec des ennemis de la République, notamment le Rwanda.

Ses avocats annoncent qu’ils développeront ces arguments en détail lors des plaidoiries à venir.

FM

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