«Ils portent sur les mains le sang de… millions de Congolais», nouvelles accusations de Jean-Luc Habyarimana contre Kagame et ses «escadrons de la mort»

Dans sa nouvelle tribune publiée sur X le jeudi 26 mars, Jean-Luc Habyarimana fils du feu président rwandais Juvénal Habyarimana, décrit les liens solides et historiques qui unissent la RDC et le Rwanda, « la peur » qui animerait actuellement le régime de Paul Kagame, passant par les accusations des massacres qui pèsent sur Kigali et son rôle principal dans la déstabilisation sécuritaire et humanitaire de la région des Grands Lacs Africains, jusqu’à ses expéditions meurtrières extraterritoriales. [Tribune]

La vérité finit toujours par rattraper ceux qui ont construit leur pouvoir sur la peur, le mensonge et la violence.

Parce que je porte le nom que mon père m’a laissé en héritage, un nom que je porte fièrement et que je ne changerai pour rien au monde, certains se sentent légitimes aujourd’hui de me dicter où je peux voyager, qui je peux rencontrer et quel pays peut m’accueillir ou non.

C’est un étrange procès.

C’est encore plus curieux qu’une visite de ma part en République Démocratique du Congo ne fasse polémique qu’aujourd’hui, car depuis ma naissance j’ai toujours fréquenté ce pays frère.

Comme j’ai eu l’occasion de l’exprimer, le lien qui m’attache à ce pays ne date pas d’aujourd’hui.

D’abord mon père y a fait ses humanités ainsi que ses études universitaires et il a gardé un lien affectif fort avec ce pays et ses habitants toute sa vie durant, si bien que moi même m’y suis toujours senti chez moi.

Ensuite, la RDC, Zaïre à l’époque, m’a accueilli lors de mon exil, m’a offert protection et m’a permis d’y poursuivre mes études, avant de me donner ensuite ma chère épouse.

Demain, vont-ils clamer aussi que je n’avais pas le droit d’épouser une femme congolaise ?

Un monde à l’envers

Je tiens à rappeler que je suis un homme de paix, et jamais je n’ai foulé le sol d’un pays frère armes à la main. Mes détracteurs et leur armée les RDF ne peuvent clairement pas en dire autant. Ainsi cela semble être un monde à l’envers, dans lequel l’agresseur et bourreau veut dicter à sa victime ce qui est bien à faire ou non.

Pourtant nul n’ignore que chaque État met en place des mesures de protection pour certaines personnes sur la base d’une évaluation de leur niveau d’exposition aux risques sécuritaires. S’attarder et polémiquer sur ce sujet n’est que pure diversion.

Leur raisonnement n’est donc pas seulement absurde. Il est révélateur.

Car ceux qui crient aujourd’hui au scandale sont les mêmes :

  1. Qui ont envoyé des escadrons de la mort assassiner Seth Sendashonga et Théoneste Lizinde au Kenya,
  2. Qui ont assassiné le colonel Patrick Karegeya et tenter d’éliminer le général Kayumba Nyamwasa en Afrique du Sud,
  3. Qui ont kidnappé Paul Rusesabagina à Dubaï
  4. Qui réduisent au silence toute opposition à l’intérieur du Rwanda, comme Victoire Ingabire, emprisonnée pour avoir simplement revendiqué justice, pluralisme et égalité mémorielle.

Ce sont aussi les mêmes qui me menacent aujourd’hui de manière à peine voilée par le biais de plusieurs officiels, à commencer par le président Kagame lui-même ainsi que ses ministres, et qui — nous le savons tous — cherchent activement des moyens d’attenter à ma vie.

Une réalité que certains veulent masquer

Le régime du FPR ne se contente pas de violer la souveraineté des pays voisins. Il protège également depuis des années des chefs rebelles impliqués dans les crimes et guerres de la région, tels que Laurent Nkunda ou Jules Mutebusi, ainsi que les putschistes burundais comme le général Godefroid Niyombare et ses subalternes.

Et pourtant, ce double standard n’indigne jamais les relais habituels de la propagande de Kigali.

Mon positionnement est clair

Pour ma part, je n’ai le sang de personne sur les mains, et comme je l’ai déjà indiqué à plusieurs reprises, mon combat est politique, pacifique, unificateur et il le restera.

La diversion pour cacher la peur d’un régime

Ceux qui crient aujourd’hui au loup sont précisément ceux dont les méthodes ont semé la mort et la violence dans toute la région depuis des décennies. Ils portent sur les mains le sang de centaines de milliers de réfugiés rwandais et de millions de Congolais, comme l’a documenté le Mapping Report des Nations Unies.

Cette agitation médiatique n’est donc pas une indignation sincère.

C’est une stratégie : faire peur, semer le doute, tenter de faire taire ceux qui parlent. Mais derrière ce vacarme, la réalité est simple. Ils crient au loup.

Et s’ils crient si fort aujourd’hui, c’est peut-être parce qu’ils savent que la vérité finit toujours par rattraper ceux qui ont construit leur pouvoir sur le mensonge, la peur et la violence.

Mais la peur a changé de camp.

La peur a changé de camp parce que tous savent que le regime du FPR est construit sur un chateau de cartes.

Et nul n’a besoin d’armes pour le faire s’effondrer.

Si le régime était solide, ils n’auraient pas besoin d’arrêter ou éliminer les youtubeurs, les chanteurs et tout citoyen lambda qui ose exprimer une opinion divergente.

Car chacun sait qu’un régime qui emprisonne les opposants, fait taire les journalistes et arrête des citoyens pour leur opinion et leurs paroles n’est jamais un régime fort.

C’est un régime qui tremble.▪️

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