Le Mouvement du 23 mars (M23) est de nouveau pointé du doigt pour de graves exactions dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans un rapport publié jeudi 2 août 2025, l’Organisation des Nations unies recense 1 154 violations des droits humains au cours du dernier trimestre, dont la majorité dans les zones contrôlées par la rébellion.
Selon ce document, au moins 539 civils ont été sommairement exécutés par le M23 lors d’opérations présentées comme « anti-FDLR » dans le territoire de Rutshuru.
Parmi les victimes figurent 325 personnes tuées dans la chefferie de Bwisha, dont 52 femmes et 24 enfants, soupçonnés à tort d’appartenir aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
L’ONU accuse également la rébellion, appuyée par l’armée rwandaise, d’avoir forcé 1 454 personnes à rejoindre ses rangs, envoyées ensuite dans des camps d’entraînement.
Parallèlement, les combattants du M23 poursuivent leur offensive en s’emparant d’agglomérations dans les territoires de Walikale et Masisi, en violation du cessez-le-feu prévu dans le cadre du processus de paix de Doha.
Ces révélations interviennent alors que la situation militaire reste tendue.
L’armée congolaise a repris ses frappes aériennes contre des positions rebelles, notamment à Buleusa (Walikale), jeudi 2 août.
Sur le front diplomatique, les efforts peinent à avancer : les dernières négociations de Doha se sont limitées à un compromis sur la libération de prisonniers, sans progrès concret vers un cessez-le-feu effectif.
Le rapport de l’ONU vient ainsi renforcer les inquiétudes de la communauté internationale quant à la dégradation sécuritaire et humanitaire dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, où le M23 contrôle désormais plusieurs agglomérations stratégiques, dont Goma et Bukavu.
Franck Mubeneshay
