Le ministre de la Santé publique, le Dr Samuel Roger Kamba, a annoncé mardi l’apparition de la maladie à virus Ebola dans trois nouvelles zones de santé de l’est de la République démocratique du Congo. Bien que l’épidémie gagne du terrain, les autorités se veulent rassurantes quant à la létalité de la souche et à la capacité de réponse du pays.
L’épidémie, qui progresse dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, touche désormais un total de six zones de santé. Lors d’une allocution sur la télévision nationale, le ministre de la Santé a dressé la cartographie actuelle de la maladie.
En Ituri l’épicentre, les zones de santé Mongbwalu, Rwampara, Bunia et Nyankunde sont touchées. Et au Nord-Kivu, les zones de santé Butembo-Katwa et Goma sont affectées.
Le ministre a vivement déploré le retard pris dans la prise en charge de l’épidémie, pointant du doigt les barrières culturelles et communautaires. « L’alerte a traîné dans la communauté parce qu’il y a une croyance que c’était une maladie mystique, et cela a occasionné l’expansion de la maladie », a regretté le Dr Roger Kamba.De retour d’une mission sur le terrain dans la province de l’Ituri, le ministre de la Santé a tenu à clarifier le bilan humain. Si le nombre de morts interpelle, tous ne sont pas encore formellement imputables au virus.
« Nous avons enregistré 131 décès dans les zones touchées, mais tous ne sont pas forcément attribuables à Ebola. Ce sont des décès suspects, et des enquêtes sont en cours pour établir lesquels sont réellement liés à la maladie », a-t-il précisé.Face à l’inquiétude grandissante, les autorités sanitaires se montrent rassurantes. Cette 17ème épidémie, officiellement déclarée le 15 mai dernier, est causée par la souche Ebola « Bundibugyo ». Le ministre a rappelé que ce virus est heureusement moins mortel que la redoutable souche « Ebola Zaïre ».
De plus, la RDC est loin d’être désarmée, le pays dispose d’une solide expérience accumulée lors de la gestion de plus de 15 résurgences précédentes.
Sur le plan scientifique, des précisions majeures ont été apportées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Selon le célèbre épidémiologiste et directeur de l’INRB, le Pr Jean-Jacques Muyembe, les analyses démontrent qu’il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies de Bundibugyo survenues en 2007 et 2012. Le virus est, cette fois encore, issu directement d’un réservoir animal.
Les équipes médicales restent mobilisées sur le terrain pour couper la chaîne de transmission, sensibiliser les populations et valider scientifiquement les causes de l’ensemble des décès suspects.
Tony-Antoine Dibendila
