Face à la déclaration de la 17ème épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo, les autorités sanitaires et gouvernementales affichent leur sérénité tout en appelant à la vigilance. Ce mardi, une conférence de presse stratégique s’est tenue à Kinshasa sous le thème, « 17ème épidémie d’Ebola en RDC : état de la situation et mesures de riposte. »
Deux figures clés de la riposte ont pris la parole, aux côtés du ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya : le Docteur Roger Samuel Kamba ministre de la Santé publique et le Docteur Jean-Jacques Muyembe Tamfum virologue et directeur général de l’INRB.
Ce qu’il faut savoir sur la souche Ebola Bundibugyo
L’ennemi actuel a un nom : le virus Ebola Bundibugyo. Identifiée et cartographiée avec précision à l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) grâce au séquençage complet de son génome, cette souche présente des caractéristiques bien particulières.
Découvert pour la première fois en 2007 en Ouganda, dans le district éponyme de Bundibugyo, ce virus a été identifié grâce à une méthode de diagnostic développée par un laboratoire d’Atlanta aux USA. Il avait ensuite resurgi en 2012 à Isiro, dans le Haut-Uele.
Contrairement à la redoutable souche « Zaïre », la plus fréquente et la plus meurtrière en RDC, le virus Ebola Bundibugyo est qualifié de moins pathogène. Ses symptômes sont jugés plus bénins, moins spectaculaires, et son taux de létalité avoisine les 40 %.
Le principal défi de cette 17ème épidémie réside dans le manque de données scientifiques. À ce jour, il n’existe pas assez d’études sur la souche Bundibugyo, et la science ne dispose encore d’aucun vaccin ni de traitement curatif homologué.
Pour autant, la recherche s’active. Le Dr. Jean-Jacques Muyembe s’est voulu rassurant : « Dans les jours à venir nous pouvons mettre en place des « candidats vaccins » ou des « candidats à molécules thérapeutiques » pour essayer de trouver une solution. »
L’absence de vaccin ne signifie pas que la RDC est désarmée. Bien au contraire. Les intervenants ont rappelé que le pays a déjà réussi à contenir plusieurs épidémies d’Ebola par le passé sans avoir recours à des technologies médicales avancées, en s’appuyant uniquement sur des mesures rigoureuses de santé publique.
Pour casser la chaîne de transmission du virus, la riposte nationale va se focaliser sur des piliers fondamentaux et éprouvés : détection rapide du malade et son isolement, protection du personnel soignant, sécurisation du processus de deuil et traitement palliatif pour les malades.
Tony-Antoine Dibendila
