Nouvelle évolution dans l’affaire des dérives militaires liées à la tentative de coup d’État de mai 2024 en République démocratique du Congo. La Haute Cour militaire a prononcé l’acquittement de quatre des cinq militaires qui avaient été condamnés à mort en première instance pour le meurtre de deux assaillants capturés, renseigne l’agence d’État ACP.
Le verdict, rendu par le général de brigade magistrat Jean-Paulin Ntshayikolo, président de la composition, vient annuler la décision précédente de la Cour militaire de Kinshasa-Gombe.
Pour la Haute Cour militaire, les preuves n’étaient pas suffisantes pour maintenir les lourdes sentences prononcées en premier ressort. « Faisant ce qu’aurait dû faire le premier juge, la Haute Cour dit non établie à leur charge l’infraction de meurtre des deux assaillants et, en conséquence, les en acquitte », a déclaré le général de brigade magistrat Jean-Paulin Ntshayikolo lors du prononcé de l’arrêt.
À la suite de cette décision, la juridiction a ordonné la libération immédiate des quatre officiers et soldats concernés. Il s’agit du lieutenant-colonel John Luhembwe de la Garde républicaine, du sergent Pierre Lumbala Numbi, du caporal Job Ngandu Mbombo et du caporal Dominique Matamba.
Ces quatre militaires de l’armée congolaise étaient poursuivis pour le meurtre de deux assaillants décrits comme « de race blanche ». Ces derniers avaient été appréhendés lors de l’attaque du Palais de la Nation à Kinshasa en mai 2024. L’assaut avait été mené par le mouvement « New Zaïre », sous la direction de Christian Malanga, tué au cours de ces événements.
Si le sort des quatre principaux accusés a basculé vers l’acquittement, le dossier d’un cinquième militaire a connu une issue différente. Le sous-lieutenant Nzuzi Lubela, qui avait quant à lui été condamné en première instance à dix ans de servitude pénale pour violation de consignes, n’a pas bénéficié de la même clémence pour ce chef d’accusation spécifique.
Tony-Antoine Dibendila
