Le programme de Couverture Santé Universelle (CSU), pilier de la politique sociale du gouvernement congolais, traverse une crise. Plusieurs établissements de santé, dont des hôpitaux de renom comme Monkole, ainsi que des structures confessionnelles telles que le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (BDOM Kinshasa), l’église du Christ au Congo (ECC), l’église Kimbanguiste et l’Armée du Salut, annoncent la suspension partielle et temporaire des soins gratuits liés à la maternité et à la néonatalogie.
Cette décision, lourde de conséquences pour les populations les plus vulnérables, intervient à la suite de l’insolvabilité persistante du Fonds de solidarité de santé, structure liée à ce programme du Gouvernement.
Les institutions concernées affirment ne plus être en mesure de prendre en charge les frais engendrés par les soins maternels et néonataux sans un remboursement régulier des coûts engagés.
« Nous avons soutenu la vision de la Couverture Santé Universelle, mais nos établissements ne peuvent plus fonctionner à perte. L’État n’a pas honoré ses engagements financiers depuis plusieurs mois », confie un responsable médical au sein d’une structure confessionnelle.
L’arrêt des soins gratuits touche particulièrement les femmes enceintes et les nouveau-nés, pour qui l’accès aux soins essentiels devient incertain.
Dans un contexte de précarité socio-économique, cette situation pourrait aggraver les indicateurs de mortalité maternelle et infantile déjà préoccupants en République Démocratique du Congo.
Face à cette crise, les appels à une réaction rapide du gouvernement se multiplient.
Les professionnels de santé exigent des mesures urgentes pour éviter un effondrement du système de soins primaires, tandis que les familles affectées dénoncent une promesse trahie.
La viabilité du programme de CSU, pourtant saluée à ses débuts comme un tournant historique pour la santé publique en RDC, est aujourd’hui plus que jamais remise en question.
Franck Mubeneshay
