La décision du président kényan William Ruto de nommer un consul général à Goma, alors que la ville est actuellement sous occupation du groupe rebelle pro-Rwanda AFC-M23, constitue un acte diplomatique lourd de sens négatif et potentiellement explosif : auprès de qui le nommé déposera ses lettres de créances ?
Cette manœuvre, qui survient en plein conflit meurtrier dans l’Est de la République démocratique du Congo, avec plus de 6 millions de morts à la clé selon les USA, interpelle sur la véritable position du Kenya dans la crise régionale et sur ses liens avec les forces hostiles à l’intégrité territoriale congolaise.
La nomination d’un représentant diplomatique dans une zone illégalement contrôlée par un mouvement armé reconnu pour ses exactions contre les populations civiles congolaises, ne peut être interprétée comme un simple geste administratif.
Elle envoie un message politique clair : légitimer de facto l’autorité de l’AFC-M23 sur Goma et, par ricochet, normaliser l’occupation étrangère : alors qu’au Kenya les milices Al-Shebab posent également des actes cruels – Ruto accepterait-il le soutien congolais à ce groupe criminel ?
Cet acte du président kényan s’inscrit dans un schéma plus large de déstabilisation, où certains États de la région, sous couvert de coopération économique ou sécuritaire, tiennent à la fragmentation du territoire congolais pour des raisons inavouées.
Depuis plusieurs mois, Kinshasa accuse ouvertement le Rwanda, mais aussi certains alliés de Kigali comme le Kenya, de chercher à imposer un redécoupage territorial dans l’Est de la RDC. Le geste de Nairobi vient renforcer ces soupçons.
Officiellement, le Kenya s’affiche comme un médiateur dans les processus de paix, notamment à travers l’initiative de Nairobi.
Mais dans les faits, la multiplication de signaux partisans comme l’accueil d’opposants armés congolais sur son sol, la tolérance envers des réseaux financiers liés aux rébellions, et aujourd’hui la nomination d’un consul à Goma, mine gravement la crédibilité de son engagement diplomatique.
Face à ce qui ressemble à une provocation frontale, la RDC ne peut se permettre le silence. Plusieurs options sont sur la table :
• Convoquer d’urgence l’ambassadeur kényan à Kinshasa pour exiger des explications officielles.
• Saisir l’Union africaine et la CIRGL afin de dénoncer la violation de la souveraineté congolaise.
• Réévaluer la coopération bilatérale avec le Kenya, y compris sur le plan commercial et sécuritaire.
Au-delà de la réaction institutionnelle, c’est la vigilance de la société civile et de la diaspora congolaise qui sera déterminante pour empêcher que de telles initiatives dans la région ne se banalisent.
Liberté Actu
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