Dans une administration congolaise souvent perçue comme engourdie ou ballottée par les aléas politiques, la Direction Générale des Impôts (DGI) a pris tout le monde de court. Elle est devenue, en quelques années, la régie qui inspire confiance et crédibilité. Derrière ce redressement : Barnabé Muakadi Muamba. Nommé en juin 2020, il s’est imposé sans bruit comme l’un des rares visages d’une gouvernance publique à la fois efficace et discrète.
Sous sa houlette, la DGI n’a pas seulement rempli ses caisses : elle les a dépassées. En 2022, la régie a mobilisé plus de 3 000 milliards de francs congolais, soit deux fois les prévisions budgétaires.
Ce n’était pas qu’un chiffre record : c’était la preuve tangible que l’État pouvait, par lui-même, générer des ressources et réduire sa dépendance extérieure.
Barnabé Muakadi n’a pas cherché à réinventer la roue, mais à réorganiser les engrenages.
Circuits internes assainis, traçabilité renforcée, contrôles fiscaux appliqués avec fermeté mais sans complaisance : il a introduit une discipline qui a permis à la DGI de devenir un véritable moteur budgétaire national. Son style tranche avec les pratiques usuelles : peu de discours, beaucoup d’action.
Loin des projecteurs, il privilégie le travail de fond et laisse parler les résultats.
Son approche n’est pas seulement technique, elle est politique au sens noble du terme.
En consolidant la DGI, il a redonné à l’État un levier de souveraineté. Car une fiscalité crédible, ce n’est pas qu’une affaire de chiffres : c’est une question de confiance, de justice et de légitimité.
Et si les critiques persistent notamment sur la pression fiscale des PME et le manque de lisibilité dans la redistribution la trajectoire imprimée reste celle d’une institution qui se veut citoyenne et non seulement performante.
Le parcours de Muakadi laisse déjà une empreinte forte :
• Une fiscalité mieux structurée et respectée.
• Une régie transformée en pilier budgétaire.
• Un style de leadership fondé sur la sobriété et la rigueur.
Dans un pays où la personnalisation du pouvoir est souvent la règle, il a incarné l’inverse : un serviteur de l’État, technicien de la souveraineté, bâtisseur discret mais durable.
Son passage à la DGI restera comme un exemple rare où la performance technique a rencontré la stature institutionnelle.
Barnabé Muakadi n’a pas seulement dirigé une régie : il a montré qu’il était possible de réformer sans bruit, de bâtir sans fracas, et de servir sans se servir.
Dans une République en quête de repères, il s’est imposé comme l’un de ces repères.
La rédaction
