Quelques semaines seulement après sa prise de fonction, le nouveau chef de la Monusco James Swan a entamé ce vendredi 24 avril une visite stratégique à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, sous occupation du mouvement armé pro-Rwanda M23-AFC. Dans un contexte marqué par les récents accords de Montreux, l’émissaire de l’Onu cherche à adapter le déploiement onusien aux nouvelles résolutions du Conseil de sécurité.
Ce déplacement, qui intervient peu après sa nomination, marque une étape cruciale dans la reconfiguration de la présence onusienne en RDC.Pour James Swan, le choix de Goma ne relève pas du hasard. La ville demeure l’épicentre des efforts de stabilisation régionale. L’objectif est d’évaluer l’alignement des opérations de terrain avec les récentes résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité.
« Goma occupe une place centrale dans les efforts actuels en faveur de la désescalade, de la protection des civils et de l’appui aux processus de paix en cours », a déclaré Monsieur Swan à son arrivée. Le chef de la Monusco a précisé que sa priorité immédiate est d’échanger avec ses équipes et les autorités de facto pour examiner les « conditions concrètes » de la poursuite du mandat de l’organisation.
Au-delà des rencontres politiques, cette visite possède un volet technique majeur. La Monusco doit jouer un rôle de pivot dans la surveillance du cessez-le-feu. À cet effet, James Swan rencontrera les membres du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+) et les experts du Joint Intelligence Fusion Center.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la mission effectuée en février dernier par son adjointe, Vivian Van de Perre, confirmant l’engagement de l’Onu à transformer les engagements théoriques en réalités sécuritaires sur le terrain.
Ce déplacement intervient dans un climat d’espoir, une semaine après la clôture des pourparlers de Montreux en Suisse entre le gouvernement congolais et le mouvement armé. Tenus du 13 au 18 avril 2026, ces échanges entre les deux parties, sous l’égide du Qatar, des États-Unis et de l’Union africaine, ont ouvert une nouvelle brèche dans le cadre du processus de Doha.
La mission de James Swan est donc de déterminer comment la force onusienne peut concrètement appuyer cette feuille de route internationale.
Tony-Antoine Dibendila
