Face aux mesures de restriction de voyage imposées entre autres par les États-Unis et le Canada en réponse à la résurgence de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, la réplique des autorités sanitaires continentales ne s’est pas fait attendre. Le Dr Jean Kaseya, Directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), a dénoncé ce jeudi une approche qu’il juge à la fois inefficace et injuste.
L’épidémie actuelle sévit principalement dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, situées à quelque 2 000 kilomètres de la capitale, Kinshasa. Malgré cette distance géographique considérable et la riposte en cours, certains États occidentaux ont promptement réintroduit des restrictions de mouvement visant les voyageurs en provenance de la RDC et d’autres pays du continent.
Intervenant ce jeudi sur les ondes d’un média français, le Dr Jean Kaseya a exprimé sa vive opposition à ces mesures d’isolement : « Nous ne pouvons pas arrêter cette épidémie avec des restrictions de voyages que certains pays occidentaux ont commencé à imposer aux pays africains ».
Pour le chef d’Africa CDC, ces barrières sanitaires aux frontières internationales s’avèrent non seulement improductives pour la gestion réelle du virus, mais revêtent également un caractère profondément discriminatoire envers les populations africaines.
Qualifiant ce traitement d’« inacceptable », le Dr Kaseya a profité de cette tribune pour lancer un message fort aux dirigeants du continent. Alors que la tentation du repli sur soi pourrait gagner d’autres capitales africaines, le directeur de l’institution a plaidé pour le maintien de l’unité et de la libre circulation régionale.
Il a conseillé aux Africains de ne pas fermer les frontières à « leurs propres frères et sœurs », prônant une réponse basée sur la coopération scientifique et la solidarité panafricaine plutôt que sur la peur et le cloisonnement.
Tony-Antoine Dibendila
