Une délégation de très haut niveau s’est réunie à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri afin d’évaluer la riposte contre la maladie à virus Ebola. Le Gouvernement de la RDC et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont publié le dimanche 31 mai une déclaration commune réaffirmant leur solidarité et leur engagement total pour protéger la santé des populations face à la souche « Bundibugyo ».
Cette mission conjointe à Bunia a été menée par le Dr Samuel Roger Kamba Ministre de la Santé publique et Patrick Muyaya Ministre de la Communication et Médias, en présence du Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.
La situation épidémiologique sur le terrain est qualifiée d’évolutive par le Ministère de la Santé. Des cas et des décès ont d’ores et déjà été signalés dans plusieurs zones de santé réparties sur trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Pour l’instant, il n’existe toujours aucun vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé pour la souche Bundibugyo. Néanmoins, les autorités rappellent que les mesures de santé publique classiques restent pleinement efficaces pour ralentir la transmission. De plus, l’OMS et le gouvernement travaillent activement au déploiement rapide d’essais cliniques pour tester des candidats vaccins et traitements.
Pour briser la chaîne de transmission, la riposte nationale et multisectorielle est en cours d’intensification, appuyée par l’OMS, Africa CDC et le système des Nations Unies. Les priorités se concentrent sur la surveillance renforcée et le diagnostic en laboratoire; la détection précoce, l’isolement rapide des cas et le suivi rigoureux des contacts; la prise en charge des patients et le contrôle des infections dans les structures de soins; ainsi que l’organisation d’enterrements sécurisés et dignes.
Le Gouvernement et l’OMS exhortent les communautés à adopter des comportements protecteurs essentiels, tels que le lavage régulier des mains, le recours précoce aux structures de santé et le partage d’informations fiables pour contrer les rumeurs.
Forte de son expérience éprouvée dans la gestion des précédentes épidémies d’Ebola, la RDC compte sur ce savoir-faire national couplé à un leadership politique fort à la tête du pays.
La déclaration commune insiste également sur la nécessité de maintenir la continuité des soins de santé primaires pour ne pas fragiliser les autres secteurs sanitaires.
Enfin, tout en exprimant leur gratitude envers les partenaires internationaux, les autorités congolaises et l’OMS ont plaidé pour le maintien des frontières ouvertes. Ils appellent à une coopération transfrontalière qui assure des contrôles sanitaires stricts aux points d’entrée, sans pour autant compromettre l’acheminement vital des fournitures médicales et le déploiement du personnel humanitaire.
Tony-Antoine Dibendila
