Ronny Jackson, membre du Congrès américain, a vivement critiqué la situation en République Démocratique du Congo après sa mission dans la région des Grands lacs.
Lors de son audition devant une commission du Congrès, le 25 mars, Jackson a accusé les pays voisins de la RDC, notamment l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, de profiter des ressources minières de l’Est congolais, soulignant que « tout le monde fait cela, et personne n’est là pour les arrêter. »
Au terme de sa tournée dans la région, comprenant la RDC et le Rwanda, Jackson a partagé des impressions mitigées, affirmant être « encouragé sur certains points », mais « découragé sur d’autres. »
En ce qui concerne le mouvement armé M23, l’envoyé américain a déploré la faible résistance face à ce groupe armé, indiquant qu’il « progresse sans réelle opposition », et a suggéré un soutien tacite de la part du Rwanda.
« Les FARDC ne combattent même plus ; elles fuient ou, dans certains cas, rejoignent le M23 », a-t-il ajouté, dénonçant ainsi l’incapacité du Gouvernement congolais à maintenir l’ordre et la sécurité dans l’Est du pays, qu’il a qualifié de « zone totalement non gouvernée. »
Jackson a estimé que l’instabilité actuelle empêche la RDC de tirer profit de ses vastes ressources naturelles, évaluées à des dizaines de milliers de milliards de dollars.
« La RDC est devenue une entité exploitant ses propres ressources sans pouvoir en bénéficier pleinement », a-t-il affirmé, qualifiant la situation de « wild, wild east. »
Il a également plaidé pour une solution politique et sociale devant intégrer les combattants du M23, une manière d’atteindre une paix durable.
Le président de la sous-commission des services armés à la Chambre des représentants des États-Unis, a sévèrement critiqué les pratiques de corruption en République Démocratique du Congo.
Il a notamment dénoncé la corruption, les pots-de-vin, la manipulation des taux de change et l’arbitraire judiciaire qui minent le développement économique et la gouvernance en RDC.
Jackson a souligné que, contrairement aux entreprises américaines qui n’ont pas la possibilité de se livrer à de telles pratiques, « les Chinois peuvent se permettre de payer des pots-de-vin », ce qui leur confère un avantage concurrentiel sur les marchés congolais.
Cette situation met en lumière les déséquilibres économiques et les pratiques déloyales qui nuisent à la compétitivité des entreprises étrangères dans le pays.
Par ailleurs, il a abordé les tensions diplomatiques entre le président congolais Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame, en déclarant que « leurs différends personnels ne doivent pas interférer avec les enjeux de paix régionale. »
Selon lui, il est essentiel que ces dirigeants mettent de côté leurs conflits personnels pour le bien de la région.
Enfin, bien qu’il n’ait pas encore de solution précise à proposer, Ronny Jackson a réitéré son appel à une « solution globale » pour résoudre la crise politique et économique en RDC.
Il a insisté sur la nécessité de trouver une approche intégrée qui tienne compte des enjeux sécuritaires, économiques et sociaux du pays.
La rédaction
