Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi a affirmé, ce jeudi 31 octobre à Paris, que la grave crise humanitaire qui frappe son pays est « directement liée » aux actions militaires du groupe armé AFC/M23, qu’il accuse d’être soutenu « sur les plans logistique, financier et opérationnel » par le Rwanda.
S’exprimant lors de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, M. Tshisekedi a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale » de la RDC.
Selon lui, « cette réalité est aujourd’hui documentée et reconnue » par la communauté internationale.
Le chef de l’État congolais a rappelé que « depuis plus de trente ans, l’Est de la RDC saigne d’une plaie qui n’a jamais été refermée ».
Il a décrit une « tragédie prolongée » ayant « déplacé des millions de femmes, d’hommes et d’enfants, détruit des vies, brisé des familles, affaibli le tissu social et compromis l’avenir de toute une génération ».
Soulignant l’ampleur de la catastrophe humanitaire, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’un « accès humanitaire immédiat, sécurisé et garanti » dans les zones touchées par les affrontements, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
« Nous avons besoin, de toute urgence, de voies humanitaires sûres pour acheminer soins, nourriture, eau, abris et assistance psychologique aux populations prises au piège », a-t-il plaidé.
La Conférence de Paris, qui réunit la France, les États-Unis, le Qatar, l’Union africaine et plusieurs partenaires internationaux, vise à mobiliser la communauté mondiale face à l’urgence humanitaire et à relancer les efforts de paix dans la région des Grands Lacs.
Selon Tina Salama, porte-parole du Chef de l’État congolais, la rencontre a permis de mobiliser 1,5 milliard d’euros pour soutenir les initiatives de paix, de développement et de coopération régionale.
Franck Mubeneshay
