Dans une atmosphère de détermination économique, le ministre de la Communication et des Médias Patrick Muyaya et le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) André Wameso, ont co-animé ce mardi 28 avril une conférence de presse. Au centre des échanges, « la mise en œuvre de la politique monétaire de la RDC, ses enjeux, évolutions et perspectives », notamment l’accélération du processus de dédollarisation.
Le tableau dépeint par le Gouverneur André Wameso est celui d’une économie en pleine résilience. Selon les chiffres de la BCC, la République Démocratique du Congo affiche une croissance soutenue évaluée à 5,8 % pour l’année 2026, avec des projections optimistes atteignant 6,2 % en 2027.
Cette dynamique se traduit par une « courbe de confiance » ascendante chez les opérateurs économiques. Signe fort de cette stabilité, la part des dépôts en monnaie nationale progresse de manière constante, tandis que le taux de change demeure maîtrisé.
L’un des principaux points abordés était « la dédollarisation » de l’économie nationale. André Wameso a été assez prolifique : le renforcement de l’usage du Franc congolais est une priorité absolue. Cela passe notamment par l’interdiction de l’utilisation du dollar en espèces pour certaines transactions et une lutte acharnée contre le blanchiment des capitaux.
« Nous voulons montrer à notre population qu’il y a plus de bénéfices à travailler en Franc qu’à travailler en dollars », a affirmé le Gouverneur.
Il a notamment souligné que l’appréciation récente de la monnaie nationale face au billet vert se traduit directement par une amélioration du pouvoir d’achat pour les Congolais rémunérés en monnaie locale.
A l’intention de commerces et hôtels
La Banque Centrale du Congo, en collaboration avec le Ministère de l’Économie, passe à l’offensive contre les pratiques spéculatives. André Wameso a mis en garde certains hôtels et commerces qui affichent des taux de change fantaisistes ou non conformes. Les contrevenants pourront être mis en « défaut de qualité » par la BCC.
Ici, l’objectif est de stopper l’inflation artificielle créée par ces opérateurs. « Nous allons serrer la vis de ce côté-là car il est injuste de jouer le rôle de cambiste sans en avoir la qualité », a martelé le Gouverneur.
Par ailleurs, le ministre Patrick Muyaya a rappelé la vision globale de l’exécutif. Pour le porte-parole du Gouvernement, ces réformes monétaires ne sont pas de simples exercices techniques, mais des leviers pour le quotidien des citoyens : « Il faut reconnaître que l’amélioration du pouvoir d’achat et le bien-être social est le leitmotiv du Gouvernement congolais », a-t-il tranché, réaffirmant l’engagement de l’État à protéger l’économie nationale face aux fluctuations extérieures et intérieures.
Tony-Antoine Dibendila
