Le professeur Matthieu Abata Diabasona, enseignant à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a été mortellement agressé dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 janvier à son domicile du quartier Rutens, dans la commune de Lemba, à Kinshasa.
Selon des témoignages concordants recueillis auprès de riverains, des hommes armés ont fait irruption vers 1 heure du matin dans la résidence de l’universitaire, avant de l’abattre.
Les assaillants auraient également proféré des menaces à l’encontre d’autres personnes présentes dans la maison, semant la panique dans le voisinage proche du Plateau des professeurs.
Quelques heures après les faits, la situation a connu un nouveau rebondissement.
L’un des présumés auteurs de l’attaque serait revenu sur les lieux, tentant de se mêler aux proches et aux curieux rassemblés autour de la famille endeuillée. Il aurait été formellement reconnu par le fils de la victime.
Alertés, des habitants du quartier l’ont interpellé avant qu’il ne succombe à des coups reçus lors d’un passage à tabac.
Le corps du professeur Matthieu Abata Diabasona a été évacué dans la matinée vers la morgue des Cliniques universitaires de Kinshasa (CUK).
La police est arrivée sur le lieu pour procéder aux constatations d’usage et ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances exactes de cette attaque meurtrière.
Ce drame relance les inquiétudes liées à l’insécurité persistante à Kinshasa, malgré les assurances des autorités.
Le gouvernement a récemment annoncé un renforcement de l’opération « Ndobo », présentée comme une réponse à la criminalité urbaine dans la capitale.
Toutefois, dans le quartier Rutens comme ailleurs, de nombreux habitants dénoncent l’absence d’effets tangibles sur le terrain, alors que les attaques armées continuent de coûter la vie à des civils.
Franck Mubeneshay
