Le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, porte-parole du secteur opérationnel Sukola 2 sud Sud-Kivu, a accusé ce mardi 16 septembre le groupe armé AFC/M23, soutenu par le Rwanda, de crimes de guerre et de violations manifestes du Droit international humanitaire, au regard du traitement inhumain infligé aux militaires capturés lors de la prise des villes de Goma et Bukavu.
Selon le lieutenant Kalonji, les militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo et les combattants Wazalendo qui se sont rendus, sont détenus dans des conditions dégradantes au centre de Rumangabo.
Ces allégations reposent sur le témoignage d’un militaire évadé, le sergent Kabongo, qui a réussi à s’échapper début août. Il a décrit des scènes de torture physique et psychologique, de malnutrition et d’humiliations. D’après son récit, des soldats en bonne santé sont devenus méconnaissables, ressemblant à des « enfants malades ».
« Plus de 2 500 militaires FARDC, y compris des femmes, auraient perdu la vie par privation de soins et de nourriture », a affirmé le lieutenant Kalonji, citant le sergent Kabongo. La majorité des victimes seraient des militaires parlant Lingala.
Ces décès constituent un crime grave au regard du droit international, qui impose la protection des prisonniers de guerre.
Le lieutenant Kalonji a également dénoncé les efforts présumés de l’AFC/M23 pour « laver le cerveau » de leurs prisonniers, les armer et les retourner contre le Gouvernement congolais. Ces révélations interviennent alors que le Gouvernement est en pourparlers avec l’AFC/M23.
Le porte-parole a souligné l’urgence de documenter ces actes pour que « justice soit rendue et que les responsables répondent de leurs actes devant les instances compétentes ».
La rédaction
