Thérèse Kayikwamba Wagner met en garde contre l’inaction du Conseil de sécurité face à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC

La ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a vivement interpellé le Conseil de sécurité des Nations unies sur la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, dénonçant l’absence de mesures concrètes pour faire appliquer la résolution 2773 adoptée il y a neuf mois.

Elle s’exprimait vendredi 12 décembre lors d’une séance consacrée à la situation en RDC au siège de l’ONU.

Devant les membres du Conseil, la cheffe de la diplomatie congolaise a dressé un tableau sombre de l’évolution du terrain, évoquant la chute d’une nouvelle ville, l’enracinement d’une administration parallèle, l’augmentation des déplacements forcés de populations, ainsi que la multiplication des violations graves des droits humains.

Elle a également souligné que la Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO), y compris ses Casques bleus et son personnel civil, a été directement prise pour cible.

Thérèse Kayikwamba Wagner a fustigé ce qu’elle considère comme une paralysie du Conseil de sécurité, estimant que l’absence de décisions coercitives a favorisé un climat d’impunité.

Selon elle, ce vide a permis au Rwanda de poursuivre et d’étendre ses opérations dans l’Est congolais, sans rencontrer de conséquences concrètes malgré les engagements pris au niveau international.

Interpellant directement la responsabilité collective des membres du Conseil, la ministre a invité l’organe onusien à tirer les leçons de trois décennies de crise, marquées, selon elle, par l’inefficacité des mécanismes de dissuasion.

Elle a réaffirmé que la résolution 2773 constitue la référence centrale de l’engagement des Nations unies en RDC et qu’elle doit être appliquée dans toute son étendue, sans ambiguïté ni exception.

La cheffe de la diplomatie congolaise a également plaidé pour un mandat de la MONUSCO plus robuste et cohérent, capable de répondre aux réalités du terrain.

Elle a insisté sur la nécessité de garantir la protection des civils, de réaffirmer le retrait des forces étrangères, de soutenir les opérations humanitaires et d’assurer explicitement la sécurité des Casques bleus, du personnel civil et du leadership de la mission.

Cette intervention de Thérèse Kayikwamba Wagner intervient dans un contexte de dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, particulièrement au Nord-Kivu, malgré les initiatives diplomatiques engagées au sein des Nations unies et les appels répétés en faveur d’un retour durable à la paix.

Franck Mubeneshay

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