La République Démocratique du Congo et le Rwanda ont finalement paraphé vendredi à Washington le texte intégral du Cadre d’intégration économique régionale (CIER), sous la supervision de la sous-secrétaire d’État américaine Hooker et du conseiller principal en charge de l’Afrique de l’administration Trump, Massad Boulos.
Cette signature marque une étape majeure du processus de paix et de coopération lancé après l’Accord de Washington du 27 juin 2025.
Le communiqué final du Département d’État américain précise que la mise en œuvre du CIER reste subordonnée à l’exécution “satisfaisante” du concept d’opérations (CONOPS) et de l’ordre opérationnel (OPORD), deux instruments essentiels qui doivent lier la paix à la prospérité économique.
Selon Washington, le CIER définit les domaines clés de coopération économique entre les deux pays, afin de favoriser l’investissement, la croissance et la création d’emplois dans la région.
Ce paraphe intervient après plusieurs semaines de blocage.
En octobre dernier, Kinshasa avait refusé de signer le texte à la dernière minute, malgré des négociations avancées à Washington.
Le gouvernement congolais avait exigé le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais avant toute intégration économique, estimant que la paix et la souveraineté nationale demeurent des conditions préalables à toute coopération durable.
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a justifié cette position par une volonté de cohérence stratégique dictée par le Président Félix Tshisekedi.
« Lorsqu’on signe un accord, on le fait de bonne foi. Mais chacun doit faire sa part. Nous savons que la paix est un processus, et pour arriver à l’économie, il faut d’abord créer les conditions d’une paix durable », a-t-il expliqué lors d’un briefing presse à Kinshasa.
De son côté, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a rejeté les arguments de Kinshasa, qualifiant la condition d’un retrait préalable des troupes rwandaises de « prétexte médiatique ridicule ».
Il a affirmé que cette exigence n’a jamais été évoquée officiellement au cours des négociations, soulignant que les questions sécuritaires relèvent du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS).
Le Cadre d’intégration économique régionale (CIER) constitue le volet économique du processus de paix lancé par les États-Unis.
Il vise à formaliser l’exploitation minière artisanale, renforcer la transparence et la traçabilité des minerais, développer les infrastructures régionales notamment dans le cadre du corridor de Lobito soutenu par Washington, et promouvoir des initiatives conjointes dans les domaines de l’énergie, de la santé publique et du tourisme.
Ce cadre s’inscrit dans la continuité de la Déclaration de principes signée le 25 avril 2025 et de l’Accord de paix du 27 juin 2025, confirmant la volonté des deux pays de lier stabilité et développement économique sous l’égide de la diplomatie américaine.
Franck Mubeneshay
