RDC : plus d’un million de finalistes affrontent la session ordinaire de l’Examen d’État 2025

Le coup d’envoi de la session ordinaire de l’Examen d’État 2025 est donné ce lundi 28 juillet, sur l’ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo. Ce rendez-vous annuel crucial marque la fin du cycle secondaire pour les élèves finalistes et conditionne l’accès à l’enseignement supérieur ou à la vie professionnelle.

Selon les chiffres officiels, 1 079 341 candidats sont attendus cette année, un record historique pour le pays.

« Pour le cycle long, nous avons enregistré un nombre record de 1 079 341 candidats, soit près de 350 000 de plus que le bac français ! Un chiffre qui témoigne de la vitalité de notre jeunesse et de son envie de s’instruire. Sur ce total, 42,9 % sont des filles », a annoncé la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Raïssa Malu.

Par rapport à la session 2024, l’édition 2025 connaît une augmentation de 117 054 candidats, soit une hausse de 12,1 %.

Fait particulièrement encourageant : la participation féminine connaît un bond significatif de 14,0 %, soit 57 156 filles supplémentaires.

« Il s’agit là d’une progression dont nous devons être fiers », a souligné la ministre.

Déployée sur quatre jours consécutifs, la session comporte des épreuves par matière :
• Jour 1 : Culture générale
• Jour 2 : Sciences
• Jour 3 : Options spécifiques
• Jour 4 : Langues

Dans la province instable de l’Ituri, environ 18 900 candidats sont inscrits dans 55 centres d’examen, selon Yvon Muke, directeur provincial de l’Éducation nationale en Ituri 1. Malgré un climat d’insécurité persistant, tous les centres sont opérationnels, à l’exception de celui de Djugu, relocalisé à Bunia pour des raisons sécuritaires.

Les malles contenant les items d’examen ont été acheminées dans l’ensemble de la province, y compris dans les zones dites rouges, avec l’appui logistique des forces de défense et de sécurité.

À Komanda, malgré l’attaque sanglante perpétrée la nuit du 26 au 27 juillet par les ADF, le centre d’examen est maintenu, sous haute sécurité.

Une semaine avant le lancement des épreuves, une attaque meurtrière de la milice CODECO à Nizi, qui a fait plus de dix morts, a contraint les autorités à déplacer le centre d’examen vers Bunia.

Les élèves de Nizi, Iga Barrière et Lopa ont été regroupés dans la capitale provinciale pour y passer les épreuves dans des conditions plus sûres.

Malgré la détermination des autorités, plusieurs obstacles subsistent :
• Déplacements massifs des populations, provoquant la déscolarisation partielle de nombreux élèves ;
• Accès difficile aux centres d’examen pour les jeunes vivant dans des zones enclavées ou sous menace armée ;
• Chocs psychologiques chez les candidats exposés aux violences, à la peur et à l’instabilité.

Des dispositifs d’accompagnement moral et psychologique ont été mis en place par les chefs de centres et les encadreurs pour permettre aux élèves de garder leur concentration et leur motivation dans ce contexte difficile.

En dépit des défis sécuritaires, sociaux et logistiques, l’État congolais réaffirme sa volonté ferme de garantir le droit à l’éducation sur l’ensemble de son territoire.

L’Examen d’État 2025 se veut non seulement un acte pédagogique, mais aussi un acte de résilience nationale.

Franck Mubeneshay

Parus récemment

Judith Suminwa veut s’imprégner de la situation sécuritaire des provinces du Nord de la RDC

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a échangé le vendredi 6 mars avec les...

Judith Suminwa appelle les chefs coutumiers à améliorer la gestion des entités traditionnelles

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a appelé jeudi les chefs coutumiers à mettre...

Dans la même rubrique