La rencontre tenue à Nairobi autour de l’ancien président Joseph Kabila continue de susciter de vives réactions au sein du gouvernement congolais. Plusieurs membres de l’exécutif national ont dénoncé, ce mercredi 15 octobre 2025, ce qu’ils qualifient de « manœuvre politique suspecte » visant à déstabiliser les institutions du pays.
Le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a déclaré que les opposants réunis dans la capitale kényane « se sont retrouvés dans un cadre qui apparaît suspect ».
Pour lui, cette initiative s’inscrit en dehors du cadre institutionnel et légal de la République démocratique du Congo.
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a pour sa part taclé l’ancien chef de l’État en l’invitant à viser des ambitions plus nobles.
« Quand on a été chef d’État, on doit viser plus haut : briguer par exemple la présidence de la Commission de l’Union africaine ou de l’OIF, plutôt que chercher à déstabiliser le pays qu’on a eu à diriger », a-t-il déclaré.
Même tonalité du côté du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, qui a qualifié Nairobi de « capitale de complot contre la RDC ».
Porte-parole du gouvernement, il a dénoncé « un mélange de fugitifs, de condamnés et de frustrés » réunis autour de Joseph Kabila, estimant que « ces acteurs se sont auto-disqualifiés par leurs propres agissements ».
Ces réactions interviennent après l’annonce de la création du mouvement politique « Sauvons la RDC », lancé à Nairobi sous la présidence de Joseph Kabila Kabange.
Ce nouveau regroupement, constitué d’opposants et d’anciens dignitaires du régime, affirme vouloir « restaurer la démocratie » et « mettre fin à la dérive autoritaire » du pouvoir en place.
Dans leur déclaration finale, les participants au conclave ont dénoncé les violations des droits et libertés publiques, ainsi que la condamnation à mort de l’ancien président par la Haute Cour militaire, qualifiée d’« inique ».
Ils ont également endossé les « 12 points de sortie de crise » présentés par Joseph Kabila lors de son dernier discours à la Nation.
Le gouvernement congolais, de son côté, voit dans cette initiative une tentative de division et un risque d’atteinte à la stabilité du pays.
Plusieurs observateurs s’attendent désormais à une intensification du débat politique entre le camp au pouvoir et les partisans de l’ancien chef de l’État.
Franck Mubeneshay
