L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a dénoncé ce mercredi, dans un communiqué, la radiation jugée illégale de plus de 500 agents du Cadre Permanent de Concertation Économique (CPCE). Selon l’organisation, cette décision prise en novembre 2023 par l’ex-vice-Premier ministre de l’Économie, Vital Kamerhe, continue de plonger des centaines de familles congolaises dans la précarité.
L’ODEP rappelle que ces évictions ont été opérées en pleine période électorale, en contradiction avec la directive présidentielle qui interdisait tout mouvement administratif afin de préserver la stabilité institutionnelle.
L’organisation parle d’« abus de pouvoir » et d’« excès manifeste de compétence », rappelant que le décret présidentiel de 2001 encadre strictement le fonctionnement du CPCE.
Au-delà de l’irrégularité administrative, l’impact humain est dramatique : déscolarisation massive, impossibilité d’accéder aux soins de santé, éclatement de foyers et pauvreté extrême.
Selon les estimations, plus de 2 500 personnes, en incluant les familles des agents radiés, sont affectées.
L’ODEP décrit une « véritable catastrophe sociale », symbole d’une gouvernance qui fragilise au lieu de protéger.
L’organisation fustige également le silence de l’actuel ministre de l’Économie, Mukoko Samba, accusé d’avoir ignoré les doléances des agents radiés.
Elle pointe en outre un détournement présumé des ressources du CPCE, notamment des rétrocessions pétrolières, redirigées vers le ministère de l’Économie déjà doté de moyens financiers.
Face à cette situation, l’ODEP appelle la Première ministre Judith Suminwa à agir d’urgence.
Elle recommande l’annulation des arrêtés contestés, la réintégration des agents, le paiement des arriérés, ainsi qu’un audit indépendant sur la gestion du CPCE.
Une commission d’enquête parlementaire est également suggérée pour établir les responsabilités.
Enfin, l’organisation interpelle directement le président Félix Tshisekedi, la cheffe du gouvernement, ainsi que les ministres de l’Économie et de la Justice, afin de restaurer la crédibilité de l’État et mettre fin à « l’impunité qui nourrit la mauvaise gouvernance ».
Franck Mubeneshay
