RDC : l’intersyndicale du commerce accorde six jours aux tenanciers des magasins chinois pour se conformer au nouveau SMIG

Un ultimatum de six jours a été lancé ce lundi 21 juillet aux tenanciers des magasins chinois opérant en République démocratique du Congo, pour appliquer le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), conformément au décret n°22/25.

Cette décision a été annoncée par l’intersyndicale du secteur du commerce lors d’un mouvement de grève observé à Kinshasa.

« Nous avons laissé passer assez de temps. Le décret sur le SMIG est une obligation légale, pas une suggestion. Nous donnons six jours aux employeurs pour se conformer, sans quoi toutes les activités commerciales chinoises seront suspendues », a martelé Olivier Nzasi, secrétaire provincial interprofessionnel de l’Organisation de travailleurs unis du Congo (OTUC).

Cette mobilisation fait suite à une série de dénonciations sur les conditions de travail précaires et les bas salaires imposés aux travailleurs congolais employés dans certains commerces tenus par des ressortissants chinois.

Le SMIG, révisé en 2022 par le décret présidentiel n°22/25, fixe un salaire plancher obligatoire pour tous les secteurs professionnels du pays, mais son application reste encore inégale, notamment dans le commerce de détail étranger.

Les syndicats affirment que plusieurs mises en demeure ont été ignorées par les propriétaires de ces magasins, ce qui justifie, selon eux, le recours à la grève et la menace de blocage total.

Contrairement aux commerces chinois visés par l’ultimatum syndical, les magasins tenus par des ressortissants indo-pakistanais ont poursuivi leurs activités ce lundi 21 juillet dans la commune de la Gombe, au nord de Kinshasa.

Plusieurs d’entre eux emploient également des travailleurs congolais, mais n’ont pas été concernés par les actions syndicales de ce jour.

Si aucun compromis n’est trouvé d’ici la fin du délai imparti, les syndicats promettent de durcir le ton et de bloquer les magasins concernés sur l’ensemble du territoire national.

Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte de revendications plus larges sur la protection des droits des travailleurs congolais face aux opérateurs économiques étrangers.

Alors que le gouvernement prône l’amélioration des conditions de travail et le respect de la législation sociale, cette affaire pourrait devenir un test important pour l’effectivité des réformes économiques et sociales en cours.

Franck Mubeneshay

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