Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont lancé, ce vendredi 19 septembre, un appel solennel à l’endroit de leurs militaires capturés ou portés disparus à Goma et Bukavu, aujourd’hui détenus par les rebelles de l’AFC/M23 et leurs alliés.
Dans une déclaration lue par leur porte-parole, le général Sylvain Ekenge, l’armée exhorte ces soldats à demeurer fidèles à leur serment et à rejoindre, dès que possible, les rangs des forces régulières.
« Vous êtes et restez militaires des FARDC, formés pour servir la République et défendre la patrie jusqu’au sacrifice suprême », a rappelé le général Ekenge, mettant en garde contre toute tentation de collaboration avec les rebelles.
Le porte-parole militaire a dénoncé les « promesses trompeuses » de l’AFC/M23, qu’il a qualifiés de « vendeurs d’illusions », accusés de vouloir transformer les soldats congolais capturés en instruments contre leurs propres compatriotes.
Pour lui, les souffrances vécues dans les rangs rebelles doivent plutôt renforcer la détermination à défendre l’intégrité du territoire national.
Le général Ekenge a souligné que la place des militaires captifs restait garantie au sein de l’armée régulière.
« Vos rémunérations et vos primes sont toujours disponibles. Nous vous encourageons à regagner, par tous les moyens possibles, le camp de la patrie », a-t-il assuré, citant les précédents d’éléments exfiltrés par le CICR ou revenus volontairement des zones occupées.
Cet appel intervient alors que la justice militaire poursuit plusieurs dizaines de soldats et policiers congolais pour « fuite devant l’ennemi ».
À Bukavu, près de 180 prévenus ont comparu en février lors d’audiences foraines, tandis qu’à Musienene (Nord-Kivu), 55 militaires ont été condamnés. En parallèle, cinq officiers supérieurs, dont des généraux et l’ancien vice-gouverneur policier du Nord-Kivu, Jean Romuald Ekuka Lipopo, sont jugés depuis mars par la Haute Cour militaire à Kinshasa.
Ces procédures judiciaires coïncident avec le message de fermeté lancé par les FARDC, qui rappellent à leurs éléments captifs que « trahir le Congo serait un sacrilège que ni la République ni les générations futures ne pardonneront ».
Franck Mubeneshay
