RDC : le professeur Godé Mpoy juge «fragile» l’appréciation du CDF observée, et appelle à une «réforme structurelle de la gouvernance économique»

L’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et professeur d’économie Godé Mpoy, a réagi à la récente communication de la Banque centrale du Congo (BCC) sur l’appréciation du franc congolais, qualifiant cette stabilité de « provisoire et artificielle ». Dans une analyse partagée mercredi, il estime que les mesures prises par la BCC ne s’attaquent pas aux causes profondes de l’instabilité monétaire en République démocratique du Congo.

Selon lui, la BCC attribue la hausse du franc congolais à plusieurs leviers : l’injection de devises sur le marché, la révision à la baisse du taux directeur, et l’ajustement de la parité franc congolais/dollar pour les réserves obligatoires des banques commerciales. Si ces instruments ont permis une détente momentanée sur le marché de change, le professeur Mpoy souligne qu’ils produisent des effets contradictoires.

« L’injection des devises et l’ajustement de la parité ont aspiré provisoirement une partie de la masse monétaire. Mais la baisse du taux directeur, bien qu’utile à la relance économique, crée de la monnaie à travers le crédit. Ces mesures se neutralisent partiellement », explique-t-il.

Dans cette configuration, avertit-il, la BCC sera contrainte de continuer à injecter régulièrement des devises pour maintenir la stabilité du franc congolais, au risque d’épuiser les réserves de change du pays.

Pour le député national Mpoy, la véritable solution ne réside pas dans la politique monétaire seule, mais dans une réforme économique globale, portée par le gouvernement.

« Tant que le gouvernement ne luttera pas efficacement contre la corruption et ne mobilisera pas davantage de recettes internes, la Banque centrale aura du mal à stabiliser durablement notre monnaie », insiste-t-il.

Il rappelle également que la politique monétaire n’est qu’une sous-composante de la politique économique, elle-même dépendante des politiques publiques globales. Sans cohérence d’ensemble, les ajustements techniques de la BCC ne peuvent produire que des résultats éphémères.

« Tant que nous ne comprendrons pas cela, nous continuerons à nous féliciter de ce qui fait notre honte », conclut l’économiste, appelant à une vision intégrée de la gouvernance économique, alliant discipline budgétaire, transparence et lutte contre la corruption.

Cette prise de position intervient alors que la BCC s’est félicitée, plus tôt dans la semaine, de la stabilisation du taux de change autour de 2450 FC pour un dollar, attribuant cette évolution à l’efficacité de sa politique monétaire.

La rédaction

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