Le parquet général militaire a requis, ce vendredi 22 août devant la Haute cour militaire de Kinshasa, la peine de mort contre l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, poursuivi pour participation à un mouvement insurrectionnel, crimes contre l’humanité et apologie du terrorisme.
Dans un réquisitoire dense, l’auditeur général des FARDC, le lieutenant général magistrat Lucien-René Likulia, a présenté Kabila comme « l’auteur intellectuel » des crimes commis par les rebelles du M23-AFC dans l’Est du pays.
Selon lui, l’ex-chef de l’État aurait sollicité le Rwanda pour planifier un coup d’État visant à renverser le président Félix Tshisekedi, tout en soutenant à distance les opérations menées par les insurgés.
Le parquet lui impute également des responsabilités directes dans des violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de terrorisme.
Pour étayer ses accusations, Likulia a évoqué :
• des déclarations de membres du mouvement M23, affirmant la complicité de Kabila,
• des vidéos projetées à la cour, dont une déclaration du ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, accusant l’ex-président d’avoir encouragé les rebelles à Goma,
• l’absence de toute condamnation publique du M23 par Kabila depuis 2024, interprétée comme une approbation tacite.
« Il n’y a pas que ceux qui sont sur le terrain. Ceux qui sont à distance contrôlent les opérations. L’auteur intellectuel influence la volonté de l’auteur direct », a insisté le magistrat militaire.
Les avocats représentant l’État congolais et plusieurs ONG ont demandé la requalification de l’infraction de trahison en espionnage, voire la reconnaissance d’apatridie.
Ils ont également réclamé 20 millions de dollars de réparation pour les préjudices subis par les victimes dans l’Est.
Le premier président de la Haute cour militaire, le lieutenant général Joseph Mutombo Katalayi, a indiqué que la juridiction était « suffisamment édifiée » et rendrait son verdict dans le délai de la loi.
Franck Mubeneshay
