Le Sénateur Boketsu Bofili Jean Paul a appelé le Gouvernement à accélérer sans délai la mise en œuvre du programme national de réhabilitation de 11.423 km de routes prioritaires, promis par le Président Félix Tshisekedi en décembre 2024.
Dans une tribune au ton critique, l’élu de l’Équateur dénonce la lenteur administrative et l’inaction du Gouvernement, qu’il accuse de retarder un projet pourtant décisif pour le désenclavement du territoire national et la relance économique du pays.
Annoncé lors du Discours sur l’État de la Nation du 11 décembre 2024, ce programme devait constituer une avancée majeure dans la modernisation des infrastructures congolaises. Près d’un an plus tard, aucune mise en œuvre effective n’a été constatée, alors que les populations de plusieurs provinces demeurent isolées et privées d’accès aux services essentiels.
« Ce retard freine la croissance et va à l’encontre des objectifs gouvernementaux en matière d’intégration nationale », regrette le Sénateur Boketsu.
Le parlementaire estime que la réhabilitation de ces routes représenterait un signal fort de la volonté politique du Gouvernement d’améliorer la connectivité nationale, de dynamiser les échanges commerciaux et de renforcer la cohésion territoriale.
Pour relancer le programme, le Sénateur Boketsu propose un plan de financement réaliste évalué à 750 millions USD, intégré aux six engagements prioritaires du Président Tshisekedi dans le Programme d’Actions du Gouvernement 2024–2028.
Il suggère de :
1. Accroître les ressources du FONER d’au moins 80 millions USD dès 2026 ;
2. Mobiliser des financements auprès des banques commerciales pour compléter les ressources disponibles.
Selon son analyse, l’augmentation progressive des recettes du Fonds National d’Entretien Routier (FONER) pourrait porter son budget annuel à 240 millions USD en 2026, offrant à l’État une garantie suffisante pour lever jusqu’à 750 millions USD auprès des institutions financières, sans aggraver la dette publique.
Le Sénateur détaille une série de cinq réformes fiscales et de gouvernance destinées à maximiser les recettes du FONER :
• Rehausser la redevance sur les produits pétroliers de 10 à 30 USD/m³ dans la zone Ouest, soit 15,5 millions USD de recettes additionnelles en 2026 ;
• Lutter contre la fraude dans la zone Sud, particulièrement dans le secteur minier, pour récupérer environ 25 millions USD ;
• Garantir le recouvrement intégral des 10 % de redevance sur les concessions de péage (13,5 millions USD) ;
• Récupérer les arriérés des sociétés pétrolières évalués à 7,5 millions USD ;
• Et renforcer les contrôles sur les importations pétrolières afin de réduire les pertes estimées à plusieurs dizaines de millions de dollars.
À travers cet appel, le Sénateur Boketsu Bofili exhorte le Gouvernement à joindre les actes aux promesses présidentielles, rappelant que le développement des infrastructures reste le socle de la croissance nationale. Il plaide pour une gouvernance rigoureuse du secteur routier, un financement pérenne et une coordination effective entre les institutions publiques.
Pour l’élu de l’Équateur, la réussite de ce programme de 11.423 km de routes serait à la fois un test de crédibilité politique et un levier de transformation économique pour la République démocratique du Congo.
Franck Mubeneshay
