Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, a appelé dimanche 14 décembre à la construction d’une paix « authentique, désarmée et désarmante », fondée sur le rejet de la vengeance et des représailles, lors d’une célébration eucharistique à la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Kinshasa.
S’exprimant dans son homélie à l’occasion de la clôture de la 15ᵉ Assemblée plénière de l’Association des conférences épiscopales d’Afrique centrale (ASEAC), le prélat a souligné que le Pacte social pour le vivre-ensemble et la paix en République démocratique du Congo et dans les Grands Lacs constitue, selon lui, une réponse crédible aux crises persistantes, dans la mesure où sa feuille de route s’attaque aux causes profondes des conflits.
« La paix authentique refuse la logique de vengeance et de représailles », a insisté le cardinal Ambongo, rappelant que toute réconciliation durable passe par la justice, la vérité et la guérison des traumatismes subis par les populations.
La célébration eucharistique d’action de grâce s’est tenue à l’issue des travaux de l’assemblée, organisée du 10 au 14 décembre 2025 à Kinshasa, autour du thème : « La construction de la paix et l’accompagnement psychologique des victimes d’abus ».
Les évêques d’Afrique centrale y ont réfléchi aux mécanismes pastoraux et sociaux capables de soutenir les victimes et de consolider la paix dans la région des Grands Lacs.
À cette occasion, les membres de l’ASEAC ont également réaffirmé leur détermination à demeurer une voix prophétique pour la paix, notamment à travers l’accompagnement des victimes d’abus et de violences.
Cet engagement a été formellement exprimé dans un message lu par Mgr Joachim Nteahindereye devant les fidèles et les invités.
Par son intervention, le cardinal Ambongo a une nouvelle fois positionné l’Église catholique comme un acteur moral majeur du plaidoyer pour la paix, appelant à dépasser les cycles de violence pour ouvrir la voie à une réconciliation durable en République démocratique du Congo et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Une prise de position qui met fin à son long silence depuis la chute de la ville d’Uvira dans le Sud-Kivu, à l’issue de l’offensive de l’armée rwandaise et de ses supplétifs du M23-AFC. Il n’a toutefois pas condamné formellement les agresseurs de la RDC.
Franck Mubeneshay
