RDC : le Cadre de concertation dénonce «l’incapacité» du pouvoir de Kinshasa après la chute d’Uvira

La chute d’Uvira face à la coalition AFC/M23 continue de susciter des réactions politiques à Kinshasa. Dans une déclaration publiée ce vendredi 12 décembre et signée par son Coordonnateur et Porte-parole Michel Mwika Banza, président du parti Pnec, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales exprime sa « profonde préoccupation » et met directement en cause la gouvernance du président Félix Tshisekedi, qu’il accuse de n’avoir pas su prévenir « une catastrophe nationale ».

Selon cette plateforme de partis et d’acteurs sociaux, la perte d’Uvira intervenue au lendemain de la signature d’accords jugés « historiques » entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis révèle « l’inanité de ces engagements » et met en lumière « l’incapacité du régime à protéger la Nation ».

Elle estime que les drames humains, les déplacements massifs et l’effondrement sécuritaire auraient pu être limités si les autorités avaient fait preuve « de lucidité, d’humilité et d’un sens élevé de l’État ».

Le Cadre de concertation dénonce également des « erreurs d’analyse », la « personnalisation du pouvoir » et « l’improvisation permanente » du gouvernement, qui auraient contribué, selon lui, à transformer une crise déjà complexe en « véritable catastrophe nationale ».

La plateforme souligne aussi la contradiction entre la poursuite des discussions de Doha menées sous médiation qatarie et la recrudescence des combats sur le terrain, y voyant l’échec de processus de paix « structurellement inefficaces ».

Dans un passage particulièrement critique, le Cadre de concertation reproche au chef de l’État une dépendance excessive vis-à-vis d’acteurs extérieurs, en particulier du président américain Donald Trump.

« Le président Trump n’a pas été élu par le peuple congolais et n’assume aucune obligation envers la souveraineté de la RDC », rappelle la plateforme, estimant que la protection du territoire et la conduite de la guerre relèvent exclusivement des prérogatives constitutionnelles du président Tshisekedi.

Elle met en garde contre ce qu’elle décrit comme une « fuite en avant politique », évoquant l’inefficacité d’autres médiations américaines dans le monde du Proche-Orient à l’Ukraine pour démontrer que la crise congolaise exige avant tout une solution voulue et portée de l’intérieur.

Le Cadre de concertation appelle enfin le Président de la République à « s’élever à la hauteur des enjeux », à adopter une « posture républicaine exigeante » et à rompre avec les « lamentations diplomatiques ».

Il invite l’ensemble de la classe politique et la nation à un « sursaut patriotique et républicain » afin de faire face à une crise qu’il qualifie d’« exceptionnelle ».

Liberté Actu

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