La Première ministre Judith Suminwa a lancé, ce mercredi 28 janvier 2026 à Kinshasa, l’atelier national marquant le démarrage officiel de l’initiative « Système d’alerte précoce pour tous » (Early Warnings for All – EW4All) en République démocratique du Congo.
Le programme vise une couverture nationale complète des systèmes d’alerte précoce multirisques d’ici 2027.
Portée par le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, en partenariat avec le système des Nations Unies, l’initiative entend réduire les pertes en vies humaines ainsi que les dégâts économiques liés aux catastrophes naturelles, climatiques et sanitaires.
Dans son allocution d’ouverture, la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité de rompre avec une gestion essentiellement réactive des catastrophes.
Elle a souligné l’impact croissant du changement climatique, de l’urbanisation non maîtrisée et de la pression démographique sur la vulnérabilité du pays.
Judith Suminwa a rappelé que la RDC dispose désormais d’une stratégie nationale et d’une politique nationale de gestion des risques de catastrophes, alignées sur le Cadre de Sendai 2015-2030.
Ces outils constituent, selon elle, une base pour la mise en place d’un système d’alerte moderne.
Elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement à s’appuyer sur l’initiative mondiale EW4All portée par les Nations Unies.
Le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a pour sa part mis en avant la forte exposition du pays aux catastrophes naturelles et climatiques, accentuée par sa situation géographique et les risques transfrontaliers.
Il a souligné le rôle central des systèmes d’alerte précoce multirisques dans la protection des populations, des infrastructures et de l’économie nationale.
Il a indiqué que le gouvernement renforce sa collaboration avec le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR), avec lequel un accord d’assistance technique est en cours de mise en œuvre, notamment dans le cadre du projet de résilience urbaine face aux inondations à Kinshasa et à Kalemie.
Il a également plaidé pour l’ouverture d’un bureau régional de l’UNDRR à Kinshasa.
Présent à la cérémonie, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes, Kamal Kishore, a salué les avancées institutionnelles réalisées par la RDC, notamment l’adoption de deux décrets en novembre 2025 visant à renforcer la gouvernance des risques et à créer la direction générale de la protection civile.
Il a rappelé que des systèmes d’alerte efficaces permettent de réduire significativement la mortalité et les pertes économiques liées aux catastrophes.
Réunissant des membres du gouvernement, des parlementaires, des gouverneurs de provinces et des partenaires techniques et financiers, l’atelier a pour objectif d’élaborer une feuille de route nationale.
Celle-ci devra préciser les responsabilités des acteurs, les mécanismes de diffusion des alertes et les modalités d’intervention adaptées aux réalités de la République démocratique du Congo.
La rédaction
