Le commissaire principal Junior Mboso Kazadi, auteur d’une vidéo annonçant sa démission de la Police nationale congolaise (PNC) devenue virale sur les réseaux sociaux, a été arrêté et placé à la disposition de la direction des renseignements généraux, a déclaré ce jeudi 28 août à Kinshasa le porte-parole de la PNC, le commissaire divisionnaire adjoint Julien Mavungu.
Selon ce dernier, l’officier n’était pas éligible à une démission volontaire, en vertu des dispositions légales régissant le statut du personnel de la PNC.
« Séance tenante, je vous informe que l’officier mis en cause a été appréhendé et se trouve en ce moment à la disposition de la direction des renseignements généraux de la police nationale, où il est placé sous interrogatoire serré. À l’issue de cette procédure, il sera décidé de son sort disciplinaire ou pénal », a précisé M. Mavungu.

Cette affaire, qui suscite un vif débat dans l’opinion publique, met en lumière les tensions internes au sein de la police congolaise.
La diffusion de la vidéo de M. Mboso Kazadi, dans laquelle il exprimait son ras-le-bol et son souhait de quitter l’institution, a été largement partagée et commentée sur les réseaux sociaux, certains y voyant un geste de défiance vis-à-vis de la hiérarchie policière.
Le porte-parole de la PNC a toutefois insisté sur la nécessité de respecter la discipline et les lois en vigueur.
« La police nationale est une institution d’ordre public. Ses agents n’ont pas la latitude d’agir de manière individuelle en dehors des règles établies », a-t-il martelé, soulignant que tout manquement aux obligations statutaires constitue une faute grave.
Cet incident intervient dans un contexte où la PNC est régulièrement critiquée par des organisations de la société civile pour son manque de moyens, les conditions difficiles de travail de ses agents et des accusations de corruption et d’abus de pouvoir.
Franck Mubeneshay
