La Cour constitutionnelle a ordonné, ce jeudi 28 août, la réhabilitation du gouverneur Jean-Paul Kapo, destitué par l’assemblée provinciale du Kasaï Oriental pour détournement présumé de trois millions de dollars.
La haute juridiction a jugé recevable et fondée la requête introduite par l’intéressé, estimant que son droit à la défense n’avait pas été respecté au cours de la procédure de déchéance.
Dans son arrêt, la Cour a accordé à M. Kapo un délai de dix jours pour reprendre officiellement ses fonctions à la tête de la province.
Cette décision met ainsi fin à plusieurs semaines d’incertitude institutionnelle marquées par des tensions entre l’exécutif provincial et l’organe délibérant.
L’affaire avait éclaté en juin dernier lorsque l’assemblée provinciale avait reproché au gouverneur une mauvaise gestion des finances publiques, notamment l’utilisation non justifiée de fonds destinés à des projets d’infrastructures et de développement local.
Le vote de sa destitution avait été adopté à une large majorité, mais contesté par ses partisans qui dénonçaient une manœuvre politique visant à l’écarter.
La décision de la Cour constitutionnelle apparaît comme un désaveu pour l’assemblée provinciale et un rétablissement du principe de l’État de droit, selon plusieurs observateurs.
« Aucun responsable politique, quel que soit le niveau, ne peut être écarté sans que ses droits procéduraux ne soient respectés », a réagi un juriste contacté à Kinshasa.
La réintégration de Jean-Paul Kapo pourrait toutefois raviver les divisions au sein de la classe politique du Kasaï Oriental.
Des voix s’élèvent déjà pour demander que des audits financiers indépendants soient menés afin de faire toute la lumière sur les accusations initiales.
Pour l’heure, la priorité reste au retour à la stabilité institutionnelle, alors que la province est confrontée à des défis socio-économiques persistants, notamment le chômage des jeunes, la dégradation des routes et la faible mobilisation des recettes internes.
Franck Mubeneshay
