Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, actuellement retenu à Kinshasa pour consultation depuis plus de deux mois, est sorti de son silence. Dans une interview diffusée ce mercredi 15 octobre par son service de communication, il a accusé l’ancien ambassadeur itinérant du Chef de l’État, Dany Banza Maloba, d’être à la base d’une vaste campagne de diabolisation et de déstabilisation contre sa personne.
M. Kyabula, dont l’intérim à la tête du Haut-Katanga a été confié à son adjoint, affirme que ses propos tenus lors de la marche de soutien à l’armée et au Président Félix Tshisekedi, le 30 juin dernier à Lubumbashi, ont été volontairement sortis de leur contexte.
Selon lui, Dany Banza aurait financé et orchestré une opération politique visant à le fragiliser.
« Dans la vie politique, il y a des coups bas, des complots qui se trament. Après les dernières élections, certains acteurs en difficulté ont mis des moyens pour me déstabiliser. Je peux citer Dany Banza Maloba, qui a soutenu un sénateur de l’UDPS, Dany Kabongo, et d’autres acteurs sur le terrain pour dénaturer mes propos », a-t-il déclaré.
L’ancien ambassadeur itinérant, aujourd’hui installé en Europe, avait lui-même dénoncé par le passé un prétendu complot de proches du Président Tshisekedi contre lui.
Il avait annoncé son retour au pays en octobre « pour saluer le grand frère », avant de rallier Lubumbashi.
Mais pour Jacques Kyabula, ce retour n’est pas le bienvenu :
« Quand il dit qu’il veut rentrer pour que la population du Katanga l’accueille, c’est faux. C’est quelqu’un qui a fait du mal aux Katangais. Plusieurs personnalités ont souffert à cause de lui : le ministre Guylain Nyembo, l’ancienne gouverneure du Tanganyika Julie Ngungwa, ou encore Richard Muyej, aujourd’hui en exil », a-t-il soutenu.
Selon le gouverneur, Dany Banza n’a pas été à la hauteur de la mission de médiation et de représentation présidentielle qui lui avait été confiée, jouant plutôt un rôle de division dans la région.
Rappelé à Kinshasa à la suite de son meeting du 30 juin, Jacques Kyabula avait, ce jour-là, appelé à une résolution interne des différends nationaux en citant les noms de Joseph Kabila et Corneille Nangaa.
Des propos qui, selon lui, ont été mal interprétés pour justifier son éloignement temporaire du Haut-Katanga.
Franck Mubeneshay
