Le député national Godé Mpoy a vivement critiqué, jeudi, la gestion monétaire de la Banque centrale du Congo qu’il accuse d’avoir provoqué des pertes financières importantes pour l’État, et d’affaiblir la capacité du pays à exécuter son budget.
Dans une déclaration adressée au gouverneur de la Banque André Wameso, l’élu a pointé une série de dysfonctionnements qualifiés de « préoccupants ».
Selon Godé Mpoy, la RDC a enregistré une perte de 300 milliards de francs congolais au mois d’octobre, conséquence directe, affirme-t-il, d’une « appréciation artificielle » du franc congolais orchestrée par la BCC.
Il affirme également que toutes les régies financières ont manqué leurs assignations en novembre, situation qu’il attribue aux mêmes perturbations monétaires.
L’élu met en garde contre un impact sévère sur les finances publiques : le budget 2026 pourrait être amputé de 2 milliards de dollars, en raison du « taux de change fictif » imposé par la Banque centrale.
Une situation qui, selon lui, risque de compromettre la disponibilité des ressources nécessaires à l’exécution du prochain exercice budgétaire.
Godé Mpoy avertit en outre que le paiement des agents de l’État pourrait bientôt devenir difficile « sans le préfinancement des banques commerciales », un scénario qu’il impute encore à la politique monétaire actuelle.
« Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console », conclut-il, déplorant une « ménopause scientifique » au sein de la Banque centrale, pour illustrer ce qu’il considère comme une défaillance technique persistante.
Ces critiques interviennent dans un contexte de pressions continues sur le marché de change congolais, où les fluctuations du franc alimentent les débats autour de la crédibilité de la politique monétaire et de la capacité de l’État à maintenir la stabilité financière.
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