RDC : Godé Mpoy alerte sur une appréciation artificielle du Franc congolais et ses effets sur les finances publiques

L’économiste et député national Godé Mpoy met en garde contre ce qu’il qualifie d’« appréciation artificielle » du franc congolais, qu’il estime lourde de conséquences pour les finances publiques de la République démocratique du Congo.

Dans une analyse rendue publique, il questionne l’origine des ressources ayant permis au gouvernement de faire face à certaines dépenses, notamment la paie anticipée des agents de l’État pour le mois de décembre.

Selon Godé Mpoy, les effets de la politique de change menée par la Banque centrale du Congo (BCC) se font déjà sentir sur les recettes publiques.

Il affirme qu’au mois d’octobre, les régies financières auraient enregistré un manque à gagner d’environ 300 milliards de francs congolais, conséquence directe d’un taux de change jugé « fictif » et déconnecté des réalités économiques.

Cette tendance se serait poursuivie en novembre, période au cours de laquelle, selon lui, aucune régie financière n’aurait atteint ses assignations budgétaires.

Une situation qui fragiliserait davantage la capacité de l’État à mobiliser des ressources internes suffisantes pour assurer son fonctionnement normal.

L’élu souligne également que le budget de l’exercice 2026 aurait été voté avec un déficit de près de deux milliards de dollars américains, imputable à l’impact du taux de change officiel sur les prévisions de recettes.

Cette contraction budgétaire réduirait mécaniquement les marges de manœuvre de l’État, en particulier dans le financement des investissements publics.

S’agissant de la paie anticipée des agents de l’État pour le mois de décembre, intervenue avant les fêtes de fin d’année, Godé Mpoy estime que cette opération aurait été rendue possible au prix d’un gel temporaire de certaines dépenses.

Il évoque notamment la mise en veilleuse des investissements publics ainsi que le report de certaines charges liées à la dette.

Plus largement, l’économiste affirme que l’État congolais recourt désormais de manière régulière à l’endettement à court terme, notamment à travers l’émission de bons du Trésor, pour boucler ses dépenses de fonctionnement. Parallèlement, la Banque centrale continuerait, selon lui, à puiser dans les réserves de change afin de soutenir le taux de change, un mécanisme qu’il juge risqué à moyen terme.

Pour Godé Mpoy, cette politique relève davantage d’un ajustement conjoncturel que d’une solution structurelle.

Il estime que le maintien artificiel de la stabilité monétaire ne saurait durablement compenser les déséquilibres budgétaires et financiers, avertissant que « le cosmétique n’est jamais domestique », en référence à une stabilité qu’il juge fragile et non soutenable.

FM

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