Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) a lancé samedi 08 novembre, la formation initiale de 2 500 nouveaux magistrats, issus de la deuxième vague des 5 000 magistrats dits de “l’État de droit”, recrutés sur concours en 2022. La cérémonie officielle a été présidée par le président du CSM, Dieudonné Kamuleta, qui a exhorté les nouveaux venus à faire de l’excellence, de la probité et du service public les piliers de leur engagement professionnel.
« C’est par votre intégrité et votre compétence que la justice congolaise recouvrera sa dignité et la confiance du peuple, vœu ardent du magistrat suprême », a-t-il déclaré, en référence à la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi.
Organisée simultanément à Kinshasa (2 134 candidats) et à Lubumbashi (374 candidats), cette formation marque la première étape du parcours professionnel des nouveaux magistrats.
Dieudonné Kamuleta a insisté sur son importance capitale : « Cette formation n’est pas une simple formalité administrative. Elle constitue le socle de votre carrière et la première pierre de votre engagement au service de la Nation. »
Le président du CSM a souligné que cette session vise à renforcer les compétences juridiques, techniques, éthiques et morales des magistrats, rappelant que « la compétence sans probité conduit à l’abus, tandis que la probité sans compétence engendre l’injustice ».
Pour le président du CSM, cette étape s’inscrit pleinement dans la vision du Chef de l’État de bâtir une justice moderne, indépendante et intègre.
« Cette cérémonie illustre la détermination du CSM à renouveler, moderniser et moraliser la justice congolaise, en intégrant une nouvelle génération de magistrats compétents et intègres », a-t-il souligné.
Profitant de l’occasion, Dieudonné Kamuleta a annoncé une bonne nouvelle pour les magistrats en formation : le paiement imminent de leurs salaires et arriérés.
« Les listings de votre paie sont déjà transmis à la banque. Dans les 48 heures, vos comptes seront crédités », a-t-il assuré, sous les applaudissements nourris de l’assistance.
À l’issue de la cérémonie, le secrétaire permanent du CSM, Télesphore Nduba Kilima, a conduit une séance d’accueil au cours de laquelle plusieurs membres du Bureau du CSM ont prodigué des conseils aux nouveaux magistrats.
Le président du CSM a d’abord invité les jeunes magistrats à accepter sans réserve leurs affectations, même dans des localités éloignées, qu’il a qualifiées de « lieux possibles du destin ».
Le premier vice-président du CSM, Moke Mayele, a insisté sur la discipline et la cohésion, tandis que Ndomba Kabeya Élie Léon, premier président de la Cour de cassation, a rappelé que « le magistrat est avant tout un serviteur de Dieu ».
Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a exhorté les participants à aimer leur métier et à respecter strictement la déontologie, tandis que Nsesele Wa Nsesele Brigitte, première présidente du Conseil d’État, a mis l’accent sur l’intégrité et l’impartialité.
De leur côté, Mukolo Konkesha Jean-Paul et le lieutenant-général Mutombo Katalay Joseph ont mis en garde contre la corruption et le mercantilisme judiciaire, comparant la magistrature à « une armée civile où la discipline est de rigueur ».
Enfin, le lieutenant-général Likulia Bakumi Lucien-René, auditeur général près la Haute Cour militaire, a exhorté les magistrats à traiter riches et pauvres avec la même équité, à imiter le Christ et à incarner le sens du devoir.
Franck Mubeneshay
