Après 14 années de controverses, l’homme d’affaires israélien Dan Gertler, actif dans le secteur minier congolais, a obtenu une décision favorable en Israël, écartant les accusations de corruption dans ses activités en République démocratique du Congo. Ce développement relance le débat sur la pertinence des sanctions américaines toujours en vigueur contre lui.
Dan Gertler a longtemps été accusé par des ONG internationales et congolaises d’avoir tiré profit de contrats miniers et pétroliers en RDC, au détriment du Trésor public congolais.
Il a toujours fermement nié ces accusations, affirmant que ses investissements ont généré des emplois, des impôts et des infrastructures en RDC.
En 2017 puis en 2018, les États-Unis ont imposé des sanctions ciblées contre Gertler et une trentaine de ses entreprises, l’accusant d’avoir aidé Kabila à s’enrichir illicitement via des ressources naturelles.
Ces sanctions visaient à limiter ses transactions internationales, notamment avec le gouvernement congolais.
Une levée partielle, initiée sous l’administration Trump en 2020, fut rapidement annulée en mars 2021 par l’administration Biden, inquiète de son influence persistante sur l’industrie minière congolaise.
À son arrivée au pouvoir en 2019, le président congolais Félix Tshisekedi a défendu publiquement une approche de conciliation avec Gertler.
Dans une lettre adressée à Washington en 2022, il a salué l’impact « salvateur » des sanctions, qui auraient conduit Gertler à céder l’intégralité de ses actifs miniers, pétroliers et licences d’exploitation, estimés à environ 2 milliards de dollars.
Le consortium “La RDC n’est pas à vendre”, ainsi que d’autres ONG locales, ont rejeté la position du gouvernement, estimant que Gertler continue de tirer profit de structures opaques et de prête-noms, en dépit des sanctions.
Ils dénoncent la perte de centaines de millions de dollars pour l’État et réclament la récupération des gisements cédés.
Le 14 juillet 2025, l’agence Bloomberg a révélé le contenu d’un arbitrage confidentiel mené en Israël entre Gertler et les frères Gartner, anciens partenaires d’affaires.
Ces derniers réclamaient 1,6 milliard de dollars, alléguant des faits de corruption.
Mais après l’examen de dizaines de milliers de documents, l’arbitre un ancien président de tribunal israélien a conclu qu’aucune preuve convaincante de corruption ou de pots-de-vin n’avait été apportée.
Les transactions passées ont été jugées conformes au contexte local, notamment en ce qui concerne des versements en espèces destinés à des projets communautaires, dans un environnement bancaire limité.
Il est important de noter que cette procédure ne portait pas sur une enquête pénale, mais sur un différend commercial. Néanmoins, pour les proches de Gertler, cette décision permet enfin de séparer les faits des spéculations, et de redorer son image ternie depuis plus de deux décennies.
Carbone Beni, directeur d’ICONIA et président du mouvement PACTE, appelle à replacer le débat sur le terrain de la justice sociale.
Selon lui, la persistance des sanctions américaines, en l’absence de preuves judiciaires solides, freine le développement économique du pays.
Cette victoire judiciaire pourrait ouvrir la voie à une réhabilitation internationale de Dan Gertler, notamment auprès des institutions financières.
Reste à savoir si la justice congolaise, ainsi que les autorités américaines, prendront en compte cette nouvelle donne.
La rédaction
