RDC : ACAJ appelle le gouvernement à tenir le Kenya co-auteur des crimes commis par le M23-AFC dans l’Est

La nomination d’un consul général kényan à Goma, une ville de l’Est de la République Démocratique du Congo actuellement sous occupation de l’AFC-M23, suscite une vive controverse.

L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a exhorté le gouvernement congolais à prendre des mesures fermes et à tenir le Kenya « co-auteur des crimes graves » commis dans les zones occupées par cette rébellion soutenue par le Rwanda.

Dans un message publié sur son compte X, l’ACAJ, dirigée par Me Georges Kapiamba, estime que l’acte diplomatique posé par Nairobi équivaut à une reconnaissance implicite de l’occupation illégale de Goma et d’autres territoires du Nord-Kivu.

« Le gouvernement congolais doit agir avec fermeté et clarté pour rappeler que la souveraineté nationale n’est pas négociable », souligne l’organisation.

Pour de nombreux observateurs, la décision du Kenya apparaît comme une provocation qui fragilise davantage la solidarité africaine dans la lutte contre les groupes armés.

En installant un consul dans une ville sous contrôle rebelle, Nairobi se met en porte-à-faux avec le droit international qui interdit toute légitimation d’occupation par des forces irrégulières.

Le geste est d’autant plus mal perçu que la RDC traverse une période délicate, marquée par les pourparlers de paix facilités par le Qatar.

« Ce type d’initiative diplomatique ne contribue pas à la pacification de la région, mais renforce le sentiment d’abandon des populations congolaises », estime un analyste contacté par l’ACP.

Depuis plus de deux décennies, l’Est de la RDC est ravagé par les violences des groupes armés.

Le M23, rebaptisé AFC-M23, est accusé de massacres, de déplacements massifs de populations et de violations graves des droits humains.

Les Nations Unies rapportent que plus de 3 millions de personnes ont été déplacées au Nord-Kivu depuis la reprise des hostilités en 2022.

Face à cette tragédie, les Congolais expriment un profond sentiment d’injustice.

« Chaque jour, des familles perdent leurs proches, des enfants sont privés d’école et des femmes subissent des violences. Voir un pays africain comme le Kenya légitimer indirectement cette occupation est une douleur supplémentaire », confie une militante de la société civile de Goma.

L’ACAJ appelle donc Kinshasa à ne pas rester silencieux et à engager des démarches diplomatiques et judiciaires pour dénoncer ce qu’elle qualifie de complicité.

Plusieurs voix au sein de la société civile demandent également au gouvernement de saisir l’Union africaine et les Nations Unies afin que des sanctions soient envisagées contre les États qui cautionneraient, directement ou indirectement, l’occupation de territoires congolais.

« Le Congo n’est pas une terre à brader. L’intégrité de notre pays est sacrée et doit être défendue par tous les moyens légaux », insiste Me Kapiamba.

Franck Mubeneshay

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