Ramazani Shadary, ex-candidat président de la République et proche de Joseph Kabila, interpellé «aux environs de 3 heures du matin» à son domicile

Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l’ex-président Joseph Kabila, a été interpellé aux environs de 3 heures du matin de ce mardi 16 décembre, à son domicile de Kinshasa par des hommes armés, dont certains en civil, avant d’être conduit vers une destination qui n’était pas immédiatement connue, selon des sources familiales contactées par Liberté Actu.

Cette interpellation intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué notamment par la condamnation à mort de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, par la Haute Cour militaire, verdict rendu en septembre dernier. Quelques jours auparavant, Emmanuel Ramazani Shadary s’était exprimé publiquement pour dénoncer ce procès, qu’il jugeait inopportun et porteur de risques pour la cohésion nationale.

Dans une interview accordée à la presse, le cadre du PPRD avait estimé que cette procédure judiciaire risquait, selon lui, de « diviser davantage les Congolais ».

Il accusait par ailleurs le pouvoir en place de détourner l’attention de l’opinion publique des priorités du pays, évoquant notamment la situation sécuritaire, la guerre à l’Est et la crise politique.

Emmanuel Ramazani Shadary avait également critiqué les accords diplomatiques de Washington et de Doha, qu’il considérait comme des échecs, s’interrogeant sur l’impact réel du procès engagé contre Joseph Kabila sur le quotidien des Congolais.

Il exprimait en outre des craintes quant à une possible exacerbation des tensions « linguistiques voire géographiques ».

Cette interpellation s’inscrit dans une série d’actions judiciaires visant des cadres du PPRD.

En mars dernier, Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, vice-président du parti, avaient été empêchés de quitter le territoire national après avoir été invités à se présenter devant l’auditorat militaire supérieur de la Gombe pour « éclairer la justice ».

À cette occasion, le ministre d’État, ministre de la Justice, Constant Mutamba, avait annoncé l’ouverture d’auditions et d’interpellations de hauts responsables du PPRD, soupçonnés de liens ou de complicité avec la rébellion de l’AFC/M23.

Par ailleurs, Emmanuel Ramazani Shadary avait récemment été convoqué au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité pour fournir des explications sur une communication du PPRD, diffusée au lendemain d’une sortie médiatique de Joseph Kabila en Namibie.

Jusqu’à présent, aucune communication officielle des autorités n’a précisé les motifs exacts de cette interpellation ni le lieu de détention du secrétaire permanent du PPRD.

FM

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