La guerre qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo n’est pas celle d’un régime ou d’un président, mais un conflit qui concerne l’ensemble de la nation congolaise. C’est le message central porté par Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias et porte-parole du Gouvernement, le mardi 12 janvier à Kinshasa, lors du dialogue intergénérationnel sur le processus de Washington et Doha, organisé par le Conseil national de la jeunesse au Centre Wallonie-Bruxelles.
Devant les jeunes, le ministre a rappelé l’ampleur humaine du drame vécu par le pays.
« Dix millions de Congolais, hommes, femmes et enfants, ont été décimés », a-t-il souligné, rejetant l’idée selon laquelle la guerre actuelle serait celle du président Félix Tshisekedi ou du régime en place.
Selon lui, les pertes enregistrées au front touchent directement les familles congolaises, car « les soldats qui meurent sont nos frères, nos cousins », et non ceux « d’un pouvoir quelconque ».
Patrick Muyaya a également insisté sur le coût collectif de ce conflit, précisant que les moyens engagés proviennent du budget de l’État.
« Les ressources utilisées dans cette guerre sont celles de l’État, pas du régime », a-t-il déclaré, regrettant que ces fonds, qui auraient pu être consacrés à la santé, à l’éducation ou au développement, soient mobilisés pour faire face à l’insécurité persistante.
Abordant le volet diplomatique, le porte-parole du Gouvernement est revenu sur les discussions menées dans le cadre des processus de Washington et de Doha.
Il a expliqué que le déplacement à Doha visait à « vider les questions de fond » liées au conflit.
« À Doha, nous avons signé un accord-cadre qui clarifie les principes », a-t-il indiqué, précisant que le problème a été structuré autour de huit questions majeures.
Selon Patrick Muyaya, deux de ces questions ont déjà trouvé des réponses, tandis que six autres restent en discussion. Sans entrer dans les détails, il a assuré que le Gouvernement demeure pleinement engagé dans la recherche de solutions.
« Ce que vous devez retenir, c’est que nous sommes mobilisés pour trouver des solutions durables », a-t-il conclu, appelant à une compréhension collective et à l’appropriation nationale des enjeux liés à la paix et à la stabilité du pays.
FM
